Ils ont des rides juste ce qu’il faut. Ils marchent l’air heureux au son apaisant de l’écume sur le sable fin. « Forever young », titre l’article en forme d’éditorial du supplément « Platine » encarté dans les quotidiens romands du groupe français Hersant, un attrape-pub se voulant sympa consacré aux quinquas. Avec ce commentaire: « Les jeunes seniors de l’imaginaire collectif artificiel sont beaux, mais… artificiels ». Forcément: l’image est générée par intelligence artificielle! Désolemment creux en termes de plus-value apportée à la connaissance et à la réflexion. Un apéritif tout sauf gourmand sur le plateau de l’information du futur.
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Photo © A. Bidaud/infoméduse
La diplomatie scientifique, quésako? L’habitat sur la lune et les vertus de l’intelligence artificielle figurent au programme de la fondation Gesda, créée en 2019 par le Conseil fédéral. Présidée par Peter Brabeck, ancien PDG de Nestlé et vice-président du Forum économique mondial, elle a tenu un « sommet » à Genève du 9 au 11 octobre sur un tempo de nouveau Davos, avec ce credo: « préparer les dirigeants et les citoyens à un monde où la science et la technologie jouent un rôle d’accélérateur vers le progrès ». Nul doute qu’Albert le Grand, saint patron des scientifiques, serait fier de cette déclaration de foi! Dans la ville du jet d’eau, le ministre des affaires étrangères helvétique Cassis n’a pas apporté pour rien la caution de Berne qui soutient la Gesda à raison de 3 millions par an. Reste que le pourquoi du comment de cette coûteuse manifestation demeure mystérieux, les médias ne contribuant pas à dissiper le flou qui l’entoure. On sent la Suisse déterminée à y placer des ambitions mais l’impact semble nul en dehors de ses frontières. Où essaiment des initiatives concurrentes. A Toulouse, du 14 au 18 octobre, se tiendront par exemple les Assises de la Francophonie scientifique. On ne parvient pas à mieux cerner ses véritables enjeux mais la diplomatie scientifique sera à l’ordre du jour.
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« Melgar avait raison ». Chroniqueur au « Matin Dimanche », Christophe Passer se fait l’écho de nombreux citoyens et renvoie à leurs bassesses les cinéastes et autres figures de la culture qui avaient chahuté jadis dans une pétition le réalisateur lausannois Fernand Melgar, « coupable » d’avoir filmé le ballet des dealers de drogue sous sa fenêtre. Dégoûté, Melgar, un artiste engagé qui a toujours privilégié le message social dans ses documentaires, avait quitté Lausanne pour s’installer en province et se consacrer à l’élevage des abeilles. Aujourd’hui les grandes villes vaudoises hurlent leur angoisse face au trafic des stupéfiants, devenu incontrôlable, et en appellent à l’aide du canton. Fallait réfléchir avant d’aboyer avec la meute des roitelets de la culture officielle, Mesdames et Messieurs les parlementaires municipaux!
Christian Campiche


La diplomatie scientifique: génial, voilà un concept qui saura remplir ce vide sidéral des dernières années et autres conflits; en effet sous scientifique je comprends écriture sympathique avec encres invisibles pour le triste quidam, mais réservée aux élites éclairées. Cierges au secours de nos parchemins.