De nos jours, plus aucun jardinier professionnel ou amateur ne taille sa haie avec un bon vieux sécateur ou bien ne ramasse les feuilles mortes avec un simple balai adapté à cette tâche. Non. De nos jours, et ce depuis plusieurs années, la technique a pris le pas sur le muscle avec, bien entendu, les nuisances sonores du moteur thermique accompagnant ces séances de jardinage. Et comme le mot « coordination » semble être ignoré du plus grand nombre, quand on a trois ou quatre voisins, chaque jour de la semaine printanière, estivale ou automnale nous offre cette odieuse symphonie de nuisances sonores.
Le pire de tous ces outils diaboliques, c’est certainement le souffleur de feuilles… Un boucan épouvantable pour que le paresseux qui le fait fonctionner n’ait pas à faire bouger ses petits bras musclés avec un simple balai qui donnerait le même résultat, mais sans bruit. Dramatique !!..
Ah, le bon vieux cliquetis du sécateur!
Un certain progrès a été atteint avec les outils électriques, sur secteur ou batterie, moins bruyants que les traditionnels outils thermiques dont le niveau de décibels ferait accoucher prématurément la maman hippopotame du zoo d’à côté. Mais encore faudrait-il que nos voisins soient tous convaincus de ce progrès technique. On peut d’ailleurs vraiment se demander si ces outils modernes permettent de réaliser le travail beaucoup plus rapidement que de façon manuelle. La question mérite d’être posée…
Je rêve parfois de retourner à une époque où le moteur à explosion n’avait pas encore été inventé. Le cliquetis régulier du sécateur taillant la haie, le geste large non pas du semeur mais du jardinier rassemblant les feuilles mortes avec son grand balai, la coupe de la pelouse avec une bonne vieille tondeuse mécanique mue par la seule force du corps…
Et, tout près de là, le paisible dormeur qu’aucun bruit ne vient éveiller sous son arbre.
Le bonheur absolu dans une ambiance paisible.
Mais ce n’était qu’un rêve…
Christian Lecerf, Lisbonne


Effectivement, joli rêve!
Même ici au Japon, où l’utilisation du balai ou râteau est considérée comme un moment propice à la méditation et au calme, ces outils sont petit à petit remplacés par les machines. Quel dommage.
Développement durable – phase 1 – privés : Interdire les machines de jardinage. Toutes.
Développement durable – phase 2 – interdire les machines professionnelles de jardin pilotées par des hommes (tondeuse à gazon accompagnée par opérateur inactif, voyers cantonaux moutons, souffleuses, fils, etc.).
Développement durable – phase 3 – retour faux, et ramassage manufacturé ré embauche ouvriers dans les champs.
Développement durable phase 4 – tous biocides interdits. Arrachage manuel plantes invasives. Eventuelles pratiques défoliantes par eau solaire bouillante (pulvérisation ou épandage direct). Juste de l’eau chaude.
Développement durable – phase 5 – bilan des mesures accomplies. Influence positive ou négative sur espèces (insectes, oiseaux, biodervisité). Relance de l’emploi manufacturés. Retrouvailles de la poésie champêtre.
Je rêve ? Tiens ?