Sec , sec, sec, crie la pie qui s’envole avec son plastron blanc et sa queue en balancier.
La terre se craquelle et ne respire plus ; ça et là une pâquerette étire encore sa collerette entre les failles mais tout autour le paillasson d’herbe s’étend, tasse et tarit tout éveil.
Les pâturages sont du foin, et le bétail broute patiemment en attendant l’étable ; sans désalpe, le troupeau redescendra plus tôt en plaine.
L’ascension des degrés, freine aussi la mobilité des gens, qui ramollissent, se taisent, et se terrent sous l’ombre.
Les oiseaux muets, le bec sec, boivent la rosée, tandis-que les arbres balancent leur ramure tombante et fripée.
Au ciel, pas de nuages porteurs d’eau et le céleste pinceau a nappé de bleu tout relief.
L’air s’essouffle, plus rien ne bouge sous la chaleur, l’attente est assoiffée de pluie.
Soudain, un merle siffle en haut d’un peuplier puis des moineaux piaillent dans un buisson… une goutte puis d’autres glissent dans les pores de la terre et vient la douche qui lave, et ravive le vert, en exhalant le parfum d’une sève reconduite.
Les oiseaux sentent venir la pluie ainsi que les malvoyants ; bienvenues à ces antennes invisibles, détectrices et annonces de renaissance.
Claire-Dominique



Très beau et merci pour ce texte qui embaume et ravit mon cœur, mon âme et mon esprit. Martin