C’est lui qui a commencé ! Combien de fois nous avons entendu cette tirade dans la cour d’école ? Bien sûr, ce n’était jamais soi-même qui l’avait prononcé, c’était l’autre… haha ! Pointer du doigt est agressif, selon l’étiquette de société qui remonte au Moyen-Âge où cela s’apparentait à une attaque à l’épée ou à la lance. De façon générale, c’est resté dans les mœurs comme un geste à éviter, mais l’intention derrière peut, elle, n’avoir pas changé !
Les bonnes choses viennent naturellement de moi, les mauvaises de l’environnement dans lequel je suis. C’est tellement facile de blâmer l’autre pour tout ce qui nous arrive. Je suis en retard, c’était le trafic ; c’est pas bon, c’était la recette ; et si j’ai un accident de voiture, c’était l’autre… Le Japon a trouvé la parade, les deux chauffeurs écrivent ‘100% responsable’ sur le constat et ce seront les deux assurances qui négocieront le partage. Impossible en Europe !
Parlons écologie intégrale
Parlons écologie intégrale, l’homme a asservi la nature mais aussi l’autre, pour son progrès et qu’en-a-t-on tiré ? Pollution désastreuse et inégalités croissantes ! Et de nouveau, qui va- t-on accuser ? Pas moi, M’sieur, j’y suis pour rien, même si j’en ai bien profité, au bout du compte. Bon, je suis peut-être un peu responsable mais pas coupable, cf. le scandale du sang contaminé en France dans les années 80. On est loin du courage, le cœur à l’ouvrage !
Reconnaître l’ombre et la lumière, c’est reconnaître la dualité du monde dans lequel on vit… Nous connaissons tous ce doigt pointé par Oncle Sam sur les affiches de 1916, lorsque les US cherchaient à recruter dans l’armée pour aller aider ses alliés européens. Un siècle plus tard, avec la moitié des pays en conflit intérieur ou de frontières, on peine à motiver nombre jeunes pour un service militaire, ‘pas ma responsabilité, y’a des volontaires pour s’engager’.
Assistanat généralisé
Mais le problème fondamental vient de l’assistanat généralisé qui pousse à ne pas assumer les responsabilités les plus évidentes, à commencer par sa propre santé ; on va la déléguer volontiers à l’Etat-Providence, sans se soucier du coût global, tout en se plaignant du ticket modérateur. Ne parlons même pas des retraites, un sujet repoussé en France depuis un bon trentenaire alors que l’espérance de vie a explosé à la hausse avec les progrès médicaux.
Pulsion de vie, subventionnée, c’est bon pour moi ; pulsion de mort, on en parlera plus tard, même si c’est inéluctable. Nul ne connait ni le jour ni l’heure, sauf avec le suicide assisté ou euthanasie, la mort heureuse pour soi mais en ayant pris le soin de faire signer deux témoins qui doivent accepter le processus donc prendre la responsabilité. Alors, n’est-on-pas dans le dilemme shakespearien, ‘to be or not to be’, vivre ou mourir, mais que se passe-t-il alors ?
C’est l’amour de soi qui a dérapé, la peur est partout, que ce soit du conflit ou même de son ombre. Le cercle vicieux de l’assistanat à outrance n’engage pas à prendre sa responsabilité alors qu’il est reconnu que l’antidote du stress, le mal du siècle, vient d’une triple condition ! Avoir de l’autonomie, de l’imputabilité c’est-à-dire assumer ses choix pleinement et, bien sûr, de la reconnaissance, un des moteurs principaux de l’Homme. Mais alors, que dois-je faire ?
Prendre sa responsabilité
Revenir à l’être que je suis plutôt que vivre dans le paraître. Comme dans le fameux tout va très bien, Madame la Marquise, on vous enrobe les histoires dans un fatras de faux conforts plutôt que de vous mettre directement en face de la réalité, sauf pour vous dire que c’est la guerre et qu’il faut vous préparer au pire. Vivre avec nos manques, oser humilité et sobriété, remettre une dose de positivité et d’optimisme, mais surtout prendre sa pleine responsabilité.
Pourquoi chercher à l’extérieur soutien, réponse, assistanat, alors que l’on a ses ressources intérieures. Les grands maîtres n’ont-ils pas parlé de la divinité au sein de chacun, la force invisible que l’on reconnaît de moins en moins en Occident, alors que l’Orient continue de la saluer chez l’autre, deux mains jointes au niveau du cœur. Arrêtons de pointer le doigt vers le voisin et assumons pleinement notre responsabilité avec paix intérieure, amour et joie !


