PAR CHRISTIAN CAMPICHE
Les Verts s’effondrent dans le canton de Vaud où ils ne sont plus que le quatrième parti. Lors des précédentes élections, ils talonnaient les socialistes. La chute est logique, elle confirme sur la durée l’analyse que nous publiions dans ces mêmes colonnes en mars 2021, et qui anticipait l’évolution actuelle car les Verts avaient encore le vent en poupe:
On peut s’étonner que les politiciens verts s’égarent trop souvent dans maints objets qui n’ont rien à voir avec l’environnement. Ce faisant, ils rendent service à leurs alliés en rose bonbon mais ne font pas avancer la cause écologiste. Celle-ci a beaucoup évolué depuis les premières escarmouches au parlement. Dévolu aux piétons consuméristes, le centre des villes, premier cheval de bataille des Verts, ne fait plus rêver l’électeur qui veut tenter autre chose. Mais quoi? Telle est la question. Reprendre activement le combat antinucléaire et OGM? Contester le tourisme destructeur de civilisation et la spéculation immobilière? Ces pistes sont à explorer sérieusement mais la crise sanitaire qui polarise les anxiétés ne fait pas avancer le débat.
Nous faisions allusion au coronavirus, bien évidemment. Depuis, plusieurs guerres dévastatrices et affreusement meurtrières sont venues s’installer dans le débat. Comment rendre crédible la poursuite de sacrifices destinés à l’atteinte d’objectifs environnementaux quand des populations souffrent l’enfer de la désolation provoquée par le feu et les bombes? La mission des Verts ne devrait pas changer, pourtant. Elle s’articule bien autour de l’écologie au sens originel du terme.
Répétons-le en le formulant autrement. En déviant vers des thèmes sociétaux dans l’air du temps, parfois futiles, en reléguant au deuxième plan la réflexion sur la protection du monde vivant soumis à l’égoïsme des puissances de l’argent, malmené par le rouleau compresseur de la finance et de l’affairisme, les Verts ont oublié les valeurs premières qui motivaient leur engagement. C’est l’abandon de cette vocation qu’ils paient aujourd’hui dans les urnes.
Leurs mentors politiques seraient inspirés de leur suggérer Ivan Illich et Jacques Ellul comme lectures de chevet. On pourra en reparler après.


Je vote souvent écolo, des fois rose bonbon et des fois le centre mais ceux que je suis le plus volontiers sont les verts et je trouve que votre message est très intéressant. Merci, il correspond à ce que je pense. J’avais aussi voté pour le fonds CLIMAT et ma déception est grande.
Un certain Daniel fut au mouvement vert vaudois ce qu’un Joseph fut au communisme russe.