PAR CHRISTIAN CAMPICHE
Tapie derrière une façade de haine dans le sillage de la course aux armements, la guerre mondiale déploie son spectre hideux. Et la configuration des acteurs de ce grand théâtre mortifère ne contribue pas à nous rassurer. A Evian, le sommet qui fait beaucoup parler de lui en raison de son emplacement problématique au cœur d’une zone densément peuplée, ne réunit que les membres du club occidental. Les blocs rivaux, Chine et Russie, n’y participent pas. Comment progresser vers la paix, dans ces conditions? La paix, aspiration ultime des femmes et des hommes de bonne volonté? « La paix est la meilleure arme pour le développement qu’un peuple puisse avoir», dixit Nelson Mandela.
Répondant aux question du Matin Dimanche, le politologue canadien John Kirton tresse des louanges au G7, « l’enceinte la plus efficace face aux crises mondiales » car ses membres « restent collectivement les plus puissants du monde ». Le chercheur, qui est aussi un spécialiste des BRICS, a su, à d’autres occasions, faire la part des choses en regrettant l’absence de la Russie et ou la Chine des débats du G7, plus exactement du G8, ces répliques du G5, créé en 1975. « Le monde n’ira pas mieux si la Russie en est absente et que cette absence marque le retour de la guerre froide » écrivait-il en 2024. Cette fois, John Kirton ne mentionne pas une seule fois ces pays. En ne le relançant pas sur le sujet, le journaliste de l’hebdomadaire ne lui en a pas tenu rigueur, manifestement.
C’est dommage car un peu de hauteur de vue n’a jamais fait de mal à quiconque. Elle ne nuirait pas à la recherche de solutions dont le monde a un besoin urgent, à l’heure où l’on ne peut que déplorer une dialectique singulièrement belliqueuse: désigner l’ennemi qui nous veut du mal, l’abattre en conséquence! Aucune place n’est laissée à la concertation, préalable à l’apaisement sur le terrain militaire. Rien n’est perdu pourtant car dans ce marasme, une lueur scintille depuis New York où l’ONU doit élire bientôt un nouveau secrétaire général. Pour la première fois, il pourrait même s’agir d’une secrétaire générale. L’occasion pour le nouveau venu, la nouvelle venue, de rompre avec la culture du béni-oui-oui privilégiée à ce jour?
En tout cas, la convocation d’une conférence mondiale destinée à remettre toutes les cartes de la bonne volonté sur la table s’impose absolument. Parvenir à un consensus durable quant aux frontières des Etats, parallèlement à une réflexion globale sur la manière d’aborder de manière intelligente, constructive et surtout pacifique les grands défis liés à l’alimentation et à l’environnement. Une sorte de contrat social planétaire qui mette en avant les priorités au sein d’une gouvernance harmonisée. Un manuel de survie.
La solution existe. Mais il faut la volonté.
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