Le canton du Jura organisera en septembre une démarche participative autour du projet éolien de la Haute-Borne, sous la conduite d’un bureau d’ingénieurs. Dans sa brochure d’information, il rappelle que le peuple suisse et jurassien a approuvé la Stratégie énergétique fédérale prévoyant le recours à l’énergie éolienne. En revanche, il oublie de préciser qu’à Mettembert, la nouvelle loi sur l’électricité a été rejetée en juin 2024 à 78,6%, soit le plus fort taux de refus de Suisse.
Présenté comme un projet « modèle », le parc prévoit sept éoliennes de 230 mètres sur les communes de Bourrignon, Delémont, Develier et Pleigne. Trois seraient implantées en forêt, directement en face de Mettembert, les quatre autres à proximité immédiate du village. Pour ses habitants, les conséquences sur le paysage, le cadre de vie et l’environnement seraient considérables.
Mettembert largement marginalisée
Depuis 2018, la commune de Mettembert et une immense majorité de sa population n’ont cessé d’alerter les autorités cantonales et les médias. Malgré ces démarches répétées, leurs préoccupations semblent n’avoir guère pesé dans l’évolution du dossier. Alors même que Mettembert apparaît comme la localité la plus impactée, elle reste largement marginalisée dans le processus décisionnel.
La démarche participative comprendra sept tables rondes de trente personnes chacune. Au total, 210 participants seulement pourront s’exprimer pour un bassin de population d’environ 20 000 habitants. En cas de forte demande, un tirage au sort départagera les candidats. Une conception étonnamment restrictive de la participation citoyenne pour un projet aux conséquences aussi importantes. Le projet implique notamment des défrichements forestiers et soulève de sérieuses inquiétudes quant à ses effets sur l’avifaune et la biodiversité d’un secteur particulièrement riche. Ces enjeux méritent un véritable débat de fond.
Enfin, l’étude d’impact prévoit des mesures de protection pour les centres de certaines communes voisines. Mais qu’en est-il de Mettembert, pourtant le village le plus exposé ? Cette omission nourrit le sentiment qu’une commune entière pourrait être sacrifiée au nom d’objectifs définis ailleurs. Nous espérons que cette démarche sera un réel exercice d’écoute et de dialogue, et non le simple habillage démocratique d’une décision déjà prise.
Mimi Mertenat, L’Ère du Vent, Mettembert
(Article publié dans « Paysage Libre – Bulletin d’information romand« )

