Tribune libre – Le malheur sonne toujours deux fois !

Non, ça n’est ni la poste, ni un roman et moins encore du cinéma. 

Malheureux Vénézuéliens, durement et doublement frappés. Un pays qui vit sous un régime fantomatique que l’on peut qualifier d’OVNI politique, indéfini et plus que vaguement, voire pas du tout démocratique. 

Comme si ça ne suffisait pas, voilà que le sol se dérobe, se met à trembler, réplique après réplique, longuement, impitoyablement. Les immeubles s’effondrent, les infrastructures se déstructurent, ensevelissant indistinctement les enfants, les femmes, les hommes, les vieillards, les animaux. Tous disparaissent, écrasés sous les décombres qui s’amoncellent en un paysage où l’on peine à reconnaitre une rue, un quartier, un immeuble. A certains endroits, il y avait une ville… Il n’y a plus rien, sinon ces affreuses et périlleuses collines de ruines fumantes de poussières nauséabondes, bruissant d‘appels désespérés, de plus en plus faibles.

L’État relativement impuissant

La terre a tremblé à Caracas, comme elle l’avait déjà fait en 1967. Mais alors, il y avait une armée, des pompiers, des services publics, toutes ces choses qui signent la présence d’un État plus ou moins responsable. Qu’en est-il en 2026 ? Ce dont nous sommes sûrs, c’est que l’État vénézuélien est passablement désorganisé, affaibli et sans doute relativement impuissant. Dans un louable élan de solidarité, plusieurs pays, dont la Suisse, ont envoyé des secouristes qui feront ce qu’ils pourront pour soulager les souffrances et venir en aide aux Vénézuéliens, c’est mieux que rien.

En attendant, le prix à payer est exorbitant. Le pays, comme « annexé » par les États-Unis, n’est plus propriétaire de ses énormes ressources. L’oncle Sam s’est vengé. Les naturalisations de Chavez sont effacées et les compagnies pétrolières américaines ont « récupéré » leurs monopoles. 

D’une pierre deux coups, capturer Maduro à Caracas affame Cuba. Simple, efficace, mais cupide. On récupère l’or noir, on ne soucie que peu ou prou des conséquences sur les populations dont les gouvernements – par ailleurs peu démocratiques – souhaitaient se soustraire à l’influence américaine. 

Le piège s’est refermé

L’Amérique de Trump se moque comme d’une guigne de ces populations, y compris de la sienne propre d’ailleurs. Cette « politique » ouvertement appuyée et soutenue, avérée et officielle de l’administration trumpiste, n’a qu’une seule et unique préoccupation, l’argent. 

Le piège s’est refermé sur Caracas, pour son plus grand malheur. La colère de la croûte terrestre ne fait pas qu’ajouter aux problèmes du Venezuela, elle frappe une ambulance sans essence, elle tape fort sur un faible. Entre le marteau catastrophique et l’enclume trumpienne, entre le gâchis madurien avec sa survivance, – soit dit en passant, comme à Téhéran – et l’implacabilité de la nature, le Venezuela souffre une passion qu’il n’a jamais désirée. Les Vénézuéliens meurent en masse et en silence et les exilés attendent que les plaies soient pansées avant de rentrer… pour reconstruire, peut-être, mais ça va prendre du temps.

Marc Gabriel, Yverdon

Sur les réseaux, les récits de sauvetages héroïques se multiplient.

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