PAR CHRISTIAN CAMPICHE
Je n’ai pas regardé la finale de la Coupe du monde de football. Aucune envie de voir Orphée s’exhiber au Champ de Mars. Puriste du ballon, je pense qu’il n’y avait aucune raison de changer les règles du jeu. Or l’idée d’assister à une mi-temps deux fois plus longue pour laisser la place à de la chanson de variété m’était insupportable. Me révulsait également la perspective d’assister au spectacle d’un clown remettant la coupe à l’équipe victorieuse.
Compétition sportive majeure, la Coupe du monde de football n’a jamais été un modèle de probité et de lin blanc. Dieu le sait, qui plaça la main très haut pour remporter jadis le trophée. Finalistes, la Hongrie, la Hollande, la Croatie l’apprirent à tour de rôle à leurs dépens: les « petites » nations n’ont pas droit au triomphe suprême. Mais cette fois, les dérives arbitrales ont dépassé toutes les bornes. Touche pas à mon Messi! L’équipe d’Argentine doit beaucoup à son 12ème joueur, l’arbitre, pour ne pas parler du 13ème, l’assistance vidéo, porte-bonheur patenté.
Messi est-il le plus grand joueur DE TOUS LES TEMPS? Sur les ondes de la RTS, les commentateurs du match de demi-finale opposant l’Angleterre à l’Argentine ont remplacé en boucle l’interrogation par un point d’exclamation. Manifestement, les nombreuses irrégularités observées lors du match contre la Suisse ne laissent aucune amertume aux journalistes du service public. La neutralité, ils affirment la vivre jusqu’au bout. Et tant pis si le jugement de valeur reste très relatif. Comparé au magique Pelé ou au sublime Cruyff, pour ne prendre que deux footballeurs qui allient l’élégance du geste à celle de l’âme, le buteur argentin ne fait pas le poids. Mais porter un sportif au pinacle réjouit le veau d’or. Tant que la victoire s’affirme au bout du tacle.
Avant de boucler cet édito, aux petites heures du matin, je me suis quand même enquis du résultat de la finale. Ainsi donc l’Espagne s’impose dans les prolongations, osant l’affront impensable. Donald Trump – ses affinités avec le président argentin Milei ne sont un secret pour personne – misait sur l’équipe adverse, le voilà désavoué. Privée de son meilleur atout, la couronne du champion, la puissante fédération argentine se voit fragilisée face à une enquête pour blanchiment diligentée par le FBI. Attaquée de tous les côtés après les scandales qui ont émaillé ce championnat du monde, sa si dévouée FIFA tremble désormais. Quel avenir pour elle et son président Infantino?



Merci de ce bon résumé d’une coupe du monde à rebondissements mais peu digne de son prochain centenaire (1930), je ne peux qu’a bonder dans ton sens ! Dans un monde de conflit comme mode de vie, de corruption comme fait divers, de richesse éhontée comme arme du paraître, que sont les devenus les ‘chevaliers’ du foot, que sont devenus le beau, le bien, le bon et le vrai ?
Si les trois valeurs de l’Olympisme sont l’excellence, le respect et l’amitié, si la FIFA interdit racisme et discrimination et pose comme valeurs complémentaires fair-play, respect, droits humains et protection de l’enfance, le mot commun et fondamental semble bafoué dans cette coupe du monde. Ne devrait-on pas demander à toutes les organisations de « recadrer le respect comme valeur » ?
Si vous voulez être respecté, commencez par être respectable et, en outre, assez costaud pour imposer le respect. Somerset Maugham