Après l’annonce par Trump de l’arrêt des pourparlers avec l’Iran et l’augmentation des pressions économiques, l’Iran menace, dans un premier temps, d’attaquer les bases américaines en Europe.
Les pays européens sont-ils capables de relever ce défi?
Force est de constater que l’Europe ne veut pas la guerre. Mais vouloir éviter la guerre ne suffit pas toujours à empêcher qu’elle vous soit imposée. L’histoire européenne du XXe siècle en a fourni de tragiques exemples. En 1940, notamment, plusieurs pays européens furent balayés en quelques semaines par l’offensive allemande.
L’Europe semble encore croire qu’il est possible de contenir certains régimes autoritaires ou fanatiques par le seul recours au droit international et aux institutions multilatérales, notamment celles qui gravitent autour de l’ONU. Or ces institutions ont, au fil des décennies, été confrontées à de graves compromissions, à des blocages politiques et à la présence de régimes qui ne partagent nullement les valeurs démocratiques occidentales, ce qui a profondément entamé leur crédibilité aux yeux d’une partie de l’opinion.
L’Europe et les États-Unis se sont fait piéger dans un écosystème politico-social qui s’est construit pendant des années autour du déni, de fausses accusations, de soutiens erronés et d’idéologies frelatées. Les nouvelles coalitions qui se sont amalgamées entre la Turquie (qui a une armée puissante), le Pakistan (qui a la bombe atomique) et l’Arabie Saoudite (qui a l’argent) pourraient se retourner contre un Occident crédule.
L’Europe, qui a longtemps sous-investi dans sa défense, confrontée à une opinion publique peu préparée à l’éventualité d’un conflit majeur et à des tensions croissantes liées aux mouvements migratoires et aux fractures sociales, risque de se retrouver dans une situation stratégique extrêmement vulnérable.
Eran Shamgar, Lausanne


