L’automne revient. Et avec lui, généralement de nouvelles mauvaises nouvelles pour les rédactions. Aujourd’hui, Ringier annonce la suppression de 14 postes en Suisse romande dont 6 journalistes. De nouveau la presse sera-t-elle douchée de mauvaises nouvelles cet automne ? Après Ringier, qui donc ?
Chers Editeurs,
Nous savons tout le mal que vous vous donnez pour faire tourner vos entreprises. Nous savons que les temps sont durs pour la presse.
Mais pouvez-vous, pour une fois, arrêter de procéder à des restructurations sur le dos des journalistes et du personnel au sens plus large ?
Des solutions sont en préparation.
Les droits voisins devraient permettre demain de mieux rémunérer l’utilisation des contenus journalistiques par les grandes plateformes numériques.
Une rémunération pour l’utilisation des articles par l’intelligence artificielle générative est également à l’étude.
Ne pouvez-vous pas attendre ces évolutions avant de supprimer encore des postes ? Ne pouvez-vous pas jusque là prélever dans vos réserves ?
Et puis ne pouvez-vous pas vous allier avec les journalistes pour demander de concert des aides fédérales et cantonales dignes de ce nom, permettant aux médias de réussir leur transition numérique sans nouvelles saignées dans les rédactions ?
Qu’attendez-vous pour prendre le taureau par les cornes et rechercher des solutions positives plutôt que de détériorer encore plus les journaux que vous avez en vos mains ?
Si vous prenez le taureau par les cornes, je suis certaine que les organisations de journalistes seront avec vous.
Mais arrêtez la saignée.
La Suisse ne doit pas devenir un désert médiatique.
Dominique Diserens, ancienne secrétaire centrale d’Impressum-Les Journalistes suisses, Lausanne


