Invité de la Société militaire du canton de Genève, Alexandre Vautravers, colonel EMG, rédacteur en chef de la Revue militaire suisse et directeur scientifique du Centre d’Histoire et de Prospective Militaires, développe sa vision de la guerre hybride, appelée également multi-domaines, désormais d’actualité à une époque ou les relations internationales naviguent dans une zone trouble, entre « ni paix, ni guerre », pour paraphraser un peu Clausewitz. Ce concept qui implique la méthode électronique du brouillage, par exemple, relativise l’efficacité des drones, technologie très en vogue au cours des dernières années.
En Ukraine, sans revenir sur les responsabilités respectives, une extension du conflit sous la forme de sabotages, pour donner un autre exemple, est du domaine du possible, estime en substance l’orateur, car l’Europe est la « profondeur » stratégique de l’Ukraine, de la même manière que la Russie disposait autrefois de sa propre profondeur stratégique. Que faire, dès lors? Comme il est trop tard pour se réarmer véritablement, il faut donc nourrir une vraie volonté de résistance, telle que la prônait en 1940 le général Guisan.



