Filet dangereux


Les banques centrales ont-elles raison de soutenir à tout prix le système financier victime de ses excès? N’aurait-il pas mieux valu laisser le krach d’été – annonciateur, peut-être, d’une autre secousse en octobre –  aller jusqu’au bout de sa déprime?

Intéressant est le débat qui s’est développé ces jours derniers sur internet. “On prône la libre concurrence, on crache sur l’Etat et les fonctionnaires quand tout va bien mais on revient voir maman Etat et l’argent du contribuable quand tout va mal”, grogne tel particulier sur le “blog” d’un quotidien français. “Les banques centrales ne donnent pas d’argent aux banques, elles le prêtent. Aucun rapport avec le financement des dépenses publiques”, lui rétorque tel autre. De fait, depuis 1987, une certaine jurisprudence financière a vu le jour, qui considère avec indulgence l’intervention des banques centrales quand l’écroulement de la Bourse menace tout l’édifice social. Quel fonds de pension, l’argent de nos vieux jours, n’investit pas dans des actions?

Cela dit, le filet qu’offrent les instituts d’émission aux joueurs de casino est psychologiquement très dangereux. Que dirait-on d’un père de famille qui fermerait systématiquement les yeux sur les sorties de route de son fils en lui offrant chaque fois une nouvelle voiture? Un jour, le drame arrive. Et la nuit tombe sur Waterloo.  

Editorial paru dans la “Lettre hebdomadaire du Journal de Genève et Gazette de Lausanne” No 16, du 24 au 30 août 2007

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