Le «putsch» a finalement échoué, cassé, en avril 2009, par la Conférence sur le racisme, dite Durban II. Après l’avoir soutenu, l’Afrique du Sud s’est désolidarisée du noyau dur composé de l’Algérie et de l’Egypte, et a rejoint le camp occidental.
Parallèlement, les Etats-Unis de Barack Obama ont fait leur entrée au Conseil des droits de l’homme, parachevant le torpillage du «coup d’Etat» islamique. Jusque-là plutôt hostile, l’attitude américaine a changé radicalement. De passive, elle est devenue active, permettant le déblocage d’un dossier sérieusement compromis. Désormais le Conseil a les mains libres pour afficher sans complexe ses prétentions dans le cadre de sa vocation d’origine, les droits de l’homme.
Aujourd’hui, le même Conseil des droits de l’homme empoigne le dossier syrien. La Suisse est de la partie, comme le confirmait hier soir Carole Wälti, porte-parole au Département fédéral des affaires étrangères: «la Suisse a coparrainé la demande pour une session extraordinaire sur la Syrie au Conseil des droits de l’homme. Elle participe également aux négociations consacrées au projet de résolution déposé par les Etats-Unis.»
Mais le contexte s’est durci depuis deux mois. Un certain malaise est palpable après le rejet – au DFAE, on préfère parler de «retrait» – d’un projet présenté par l’ambassadeur suisse Jürg Lauper, demandant une approche plus globale de la question des droits humains. En outre, certains Etats latino-américains souhaiteraient étendre le débat à d’autres pays en proie à des convulsions politiques comme le Yémen et Bahreïn.
La partie n’est donc pas gagnée d’avance pour la résolution américaine qui doit recueillir 24 voix sur 47 pour être adoptée. Or tant la Russie que la Chine ou Cuba ont promis cette fois de mettre leur veto. D’autres pays, comme le Pakistan, se tâtent.


