Tribune libre – “Réfugiés musulmans, d’accord, mais pas au prix d’une remise en question des acquis de la femme!”


Le gouvernement suisse permet l’accueil de 3000 réfugiés syriens de plus sur le territoire suisse. Il paraît qu’il a choisi d’accueillir des Syriens musulmans de préférence à des Syriens chrétiens.

Il est en tout cas permis d’espérer que tous les progrès accomplis dans le contexte de l’émancipation féminine ne vont pas prendre un vilain coup. La femme que je suis a vécu l’époque où porter des pantalons sur un lieu professionnel était interdit, de même qu’il était impossible d’ouvrir un compte en banque ou de s’acheter une télé à crédit sans l’accord de son mari. Le divorce était considéré comme une sorte de répudiation. Ces souvenirs me révoltent encore et la femme que je suis voit avec douleur le passé ressurgir avec son cortège de sexismes injustes: femmes aux tenues vestimentaires réglementées et imposées, choix sociaux et professionnels non autorisés, considération d’infériorité permanente, liberté réduite, etc.

Il n’est que de voir notre voisin la France, pays où l’immigration musulmane est la plus forte de l’UE, pour constater les résultats. Excisions interdites mais pratiquées couramment; port du voile courant à l’école, bien que non autorisé; mariages de jeunes filles imposés par les parents, etc. Bien qu’à la troisième génération depuis la grande vague d’immigration musulmane, en 1960, la France n’a pas intégré ses ressortissants musulmans qui restent une communauté bien distincte. Tout au contraire, on y constate une sorte de contamination ou d’osmose collective jusqu’au plus haut niveau de l’Etat où la femme tient un rôle, certes, mais un rôle de second plan, voire un rôle de faire-valoir en alimentant la chronique des potins sentimentaux, selon l’adage «mieux vaut une mauvaise réputation que pas de réputation du tout».

Carl Vogt affirmait que la femme était «irréversiblement subordonnée». La Suisse a eu plus de mal que bien d’autres pays européens à accorder certaines égalités aux femmes. Dois-je rappeler ici 1971, l’année du droit de vote accordé aux femmes en Suisse? Cela alors que le même droit se voyait introduit aux alentours de la Deuxième Guerre mondiale dans les autres pays européens, en 1957 en Tunisie, en 1963 en Iran et Afghanistan.

L’idée que l’égalité de la femme, si durement acquise, puisse être remise en question me révolte. A quand l’interdiction faite aux femmes chrétiennes d’entrer dans les églises?

Jéhane de Mérey, Plan-les-Ouates

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2 Responses to “Tribune libre – “Réfugiés musulmans, d’accord, mais pas au prix d’une remise en question des acquis de la femme!””

  1. Held-Khawam 20 mars 2015 at 08:56 #

    Merci pour votre article. Vous dites: “Il paraît qu’il (gouvernement suisse) a choisi d’accueillir des Syriens musulmans de préférence à des Syriens chrétiens.”
    Au nom de quoi la Suisse sélectionne-t-elle ses réfugiés en fonction de leur appartenance religieuse? Une question à poser peut-être à notre gouvernement!

  2. Jéhane 21 mars 2015 at 10:34 #

    Ces derniers temps le gouvernement suisse a pris bien des décisions qui semblent illogiques.
    Mais pour ce qui concerne les réfugiés syriens le gouvernement dit :

    La Suisse procédera à son choix sur la base des dossiers qui lui seront transmis par le Haut-Commissariat.

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