Les Maîtres du vent, récit de Michel Bühler, lettre ouverte


Cher Michel

La lecture de ton récit impose que je prenne position en apportant les corrections liminaires suivantes, me tenant aux fondamentaux sans entrer dans les contradictions.

Le titre tapageur, aguicheur, choisi est malheureux, le vent ne connaît ni dieu ni maître ; l’homme peut au mieux l’apprivoiser et s’en protéger ou subir ses colères, ces dernières années de plus en plus souvent au fil des dégradations climatiques.

Page 18 … nous apprenons qu’un promoteur …. : faux. Le concept des éoliennes a été présenté à la Municipalité de Sainte- Croix, in corpore, par le soussigné accompagné du représentant du bureau d’études Interwind SA de Zürich, leur demandant leur opinion, leur aval pour le présenter au service de l’Energie du Canton de Vaud. Ce dernier après consultation des autorités cantonales, avec l’accord de la Municipalité, nous a mandatés pour les études de projet d’éoliennes que nous avons de commun accord avec ces parties développé jusqu’en 2005, soit à la transmission du mandat par le canton à Romande Energie. Prétendre que ces parties s’en mettent plein les poches est de mauvaise foi, la planification des éoliennes était financée dans l’intérêt public par le canton, ensuite sa réalisation par la Romande Energie, SA produisant et distribuant l’électricité dans nos contrées. Les travaux de planification ont été mandatés sur la base d’offres qui ont été contractuellement honorées en conséquence. Cette allégation de promoteur (sous-entendu capitaliste cupide pur et dur) pourrit les esprits depuis des lustres influençant négativement les citoyens, alors que la réalité de ces éoliennes s’inscrit dans le libéralisme économique ET le libéralisme sociétal !

A partir de 2005, n’étant plus concerné, je n’ai plus eu de contacts avec les parties. Consultant le projet du permis de construire je constate qu’il est fidèle à nos projets, modifié conséquemment en suivant l’évolution de la technologie et augmentant la production d’énergie prévue. Quand aux coûts annoncés je vois une forte hausse provoquée par les oppositions, que j’estime à vue de nez à plus de 8% (>10%?) du montant global, somme qui donne beaucoup à réfléchir, péjorant ainsi le prix de l’énergie.

Avec satisfaction j’apprends par ton récit la confirmation de l’aboutissement des conventions de compensations prévues par nos projets en accord avec la commune et le canton. Pour nous projeteurs, il était absolument indispensable que des compensations soient convenues, sauf quoi nous aurions alors logiquement tout laissé tomber. Amusant que leur texte aujourd’hui semble coller quasiment mot à mot avec ceux de l’époque.

Avec désolation je remarque que tu prétends ne pas les avoir connues (contrat secret, source de ton immense colère), car elles faisaient partie de nos actes publiés lors des mises à l’enquête, accessibles à tout un chacun ; te référer également à la page 125 en 2003 : une convention… Evidemment, la clause de participation financière évoluant en relation avec les aléas ou les avantages, devait rester confidentielle entre partenaires. Elémentaire, non?

Petit détail : jamais je n’ai vu, lu ou entendu que des éoliennes remplaceraient des centrales atomiques, par contre elles contribuent à la production d’énergie.

Je saisis cette occasion pour saluer, la perspicacité de certains, la compétence et la continuité depuis un quart de siècle des autorités communales et cantonales, (combien de syndics, de municipaux ? Elus représentant les intérêts de la communauté).

Précisions pour mieux nous comprendre , je partage avec toi :

  • L’amour du Jura (et le souvenir des soupes aux pois de la FOMH à la Gittaz)
  • La soif de transparence servant les informations décisionnelles
  • L’espoir d’une société juste, socialement équilibrée
  • Les soucis de la dégradation climatique
  • Le dégoût de la cupidité
  • La détestation de la désinformation

Paysages : il est vrai qu’un paysage sans éoliennes peut être aussi beau, voir plus beau, qu’avec. Nos ancêtres ont d’abord supprimé les forêts pour créer des champs et pâturages, d’autres ont plus tard apporté la prospérité avec les usines produisant des gramophones et caméras à ressorts ; ces temps passés ont évolué vers une société avide de progrès rapides et infinis, dans laquelle nous vivons ensemble aujourd’hui, sans chandelles, avec l’électricité.

Imaginons, amoureux de la beauté des paysages, une Suisse cartes postales sans infrastructures, sans écoles hautes et petites, sans hôpitaux, sans industries ni services, sans barrages, Dents du Midi sans Château ni autoroutes, les cimes de Chappaz sans résidences secondaires.

Je te remercie pour ton attention, et espère que la parution de ton livre t’a redonné le sommeil, que mes propos apaiseront les esprits, assagiront quelque peu tes congénères opposants. A ce sujet il serait de bon aloi qu’ils suppriment leurs pancartes «  VENDUS » qui ne concernent définitivement personne, et les désavantagent.

Cordialement, sans rancune

Alain Gonthier

PS., qui n ‘a rien à voir :

L’autre jour t’écoutant à la radio (tu prétends ne pouvoir communiquer alors que la presse et les ondes vous ont toi et votre « cause » au fil des ans plus servis que nécessaire) j’ai souri à ta précision que Rue de la Roquette rimant avec …. sans moquette n’était pas le reflet exact de la vérité : elle habitait 2- 3 rues plus loin, pas grave cet arrangement! Cette adaptation t’a permis de créer une belle chanson ayant bercé nos oreilles et celles de la francophonie, et de nous faire découvrir la mélancolie doucereuse de ce quartier de Paris. La souplesse spirituelle, linguistique, peut servir la beauté, sa perception.

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