D’entrée de jeu, Caroline Galacteros préfère le dire tout net: elle n’est pas un agent de Poutine! La géopolitologue française aux idées sujettes à la controverse était l’invitée mardi 29 octobre de la Société militaire du Canton de Genève. Thème de sa conférence: « Moyen-Orient, le laboratoire du nouvel ordre mondial? »
Selon Mme Galacteros, à force de ne pas vouloir voir la planète telle qu’elle est, à force de maquiller la réalité, l’Europe conditionnée par les Etats-Unis creuse sa tombe. En Ukraine d’abord, son déni contribue à refaire de la Russie une puissance militaire. Au Moyen-Orient, le syndrome du village Potemkine sévit également dans une guerre très largement institutionnalisée où le trio infernal dollar, pétrole et nationalisme arabe joue le rôle dominant depuis 80 ans. Le vrai sujet n’étant pas la lutte d’influence entre l’Arabie et l’Iran, deux Etats qui ont entamé un processus de rapprochement mais entre ces mêmes Saoudiens et les Turcs. Mais surtout les données sont aujourd’hui complètement bouleversées par une nouvelle venue encore largement minimisée dans la presse occidentale: la bombe iranienne. Dans la région, Israël n’a plus le monopole de l’arme suprême.
L’Europe doit vraiment prendre la mesure de la nouvelle réalité qui se dessine depuis le tournant des années 2010, soutient la conférencière. Respecter les BRICS, refuser l’ingérence au nom des vieux principes et surtout se méfier des caprices du grand frère américain. L’imminence d’une nouvelle présidence aux Etats-Unis doit aussi provoquer cette anticipation, surtout si Trump est élu: Russes et Américains vont reprendre langue, un grand marchandage attend le monde.


