Depuis le soulèvement de Femmes, Vie et Liberté, la communauté iranienne de Genève n’avait pas connu une telle ferveur. Le 18 février 2025, le prince Reza Pahlavi a prononcé un discours historique lors du Sommet de Genève 2025 sur les droits de l’homme et la démocratie. Ce fut une journée mémorable. Des Iraniens du monde entier, d’Allemagne, du Canada, des États-Unis, de France, de Grande-Bretagne, de Suède, et des autres villes de la Suisse étaient venus à Genève pour accueillir l’homme qui est désormais la figure de proue de l’opposition iranienne. Beaucoup souhaitent qu’il soit le futur roi d’Iran, même si le prince continue d’affirmer qu’il n’est qu’un leader pour la période de transition. La foule était ravie de le voir sur la scène internationale et beaucoup ont été émus jusqu’aux larmes. Son discours était poignant et a révélé la cruauté du régime qui pille le pays au lieu de le gérer ; ceci dans un contexte où l’Iran est sous les menaces des frappes de l’Israël et les sanctions maximum des États-Unis.
Avant de commencer son discours, le prince a remercié les milliers d’Iraniens venus pour le soutenir, «pour montrer leur amour pour l’Iran et leur engagement pour sa libération».
Des femmes courageuses
Il a souligné que l’histoire de la République islamique est une histoire de tromperie, qui a conduit les dirigeants occidentaux et de nombreux médias à dépeindre Khomeini comme un «saint ». Ils ont dépeint la révolution comme une révolution de justice et de liberté. Ce qui a suivi n’était rien de moins qu’un enfer sur terre. Après avoir pris pour cible des citoyens compétents et patriotes : officiers militaires, chefs d’entreprise, intellectuels, professionnels et fonctionnaires qui avaient construit une nation fière et modernisatrice, le régime s’est retourné contre la loi progressiste sur la protection de la famille et l’a abrogée. La loi sur le port obligatoire du hijab est devenue un outil d’oppression des femmes. Cependant, depuis ces tout premiers jours jusqu’à aujourd’hui, les femmes iraniennes ont riposté.
Depuis lors, les femmes iraniennes se battent contre le hijab et revendiquent leur égalité et leur pays. Il a évoqué des femmes courageuses telles que Fatemeh Sepehri, Nasrin Shakarami et Nahid Shirpisheh qui continuent de se battre malgré l’emprisonnement, les mauvais traitements et les persécutions incessantes. Néanmoins, leurs noms restent inconnus car certaines organisations de défense des droits de l’homme ont laissé des partis pris politiques et des préférences idéologiques déterminer quelles voix sont amplifiées et lesquelles sont réduites au silence.
Discrimination religieuse
Le prince a soulevé la question de la discrimination religieuse à l’encontre des bahaïs, qui sont persécutés. Les chrétiens, en particulier ceux qui se sont convertis de l’islam, les musulmans sunnites, les juifs, les soufis et les zoroastriens sont confrontés à des restrictions et à une discrimination endémiques. Qui plus est, il a mentionné la guerre menée par le régime contre le patrimoine culturel. Des sites tels que Persépolis et Pasargades, symboles de la civilisation antique de l’Iran, se détériorent à cause de la négligence. Même les musiciens, les artistes et les poètes, qui sont au cœur même de la culture iranienne, risquent la peine de mort pour avoir osé s’exprimer.
Le Prince a souligné que malgré toutes ses tentatives, le régime islamique ne parviendra pas à diviser le pays. « Soyons clairs : nous ne permettrons jamais, au grand jamais, que notre nation soit divisée. »
Outre les crimes que le monde connaît, il en existe bien d’autres, souvent négligés, comme la destruction de l’environnement iranien par le régime : Je considère la justice environnementale comme l’un des droits de l’homme de mes compatriotes. Des décennies de corruption et de mauvaise gestion ont provoqué des catastrophes écologiques qui menacent des millions de personnes.
Enfin, il prévient ceux qui, en Europe, tentent d’étouffer la voix de l’opposition iranienne que les Iraniens n’attendent pas leur feu vert.* Il demande aux autres qu’ils soient à leurs côtés dans ce combat pour faire tomber le régime islamique, source d’instabilité dans le monde.
Le texte entier du discours est disponible ici.
* Fait-il référence à la Conférence de Munich sur la Sécurité (14-16 février) où le gouvernement allemand l’a désinvité de prendre la parole ?
Yasmine Motarjemi, Nyon


Bonjour je suis intéressé et Je suis d’accord avec le prince Reza Pahlavi et je suis prêt à soutenir
Merci pour cet article très intéressant.
Le prince héritier d’Iran a clairement exposé la situation et les problèmes actuels de l’Iran et j’espère que le monde libre se rendra compte qu’un Iran libre jouera un rôle important dans l’établissement de la paix non seulement au Moyen-Orient mais aussi dans le monde.
Susan Habachi