On apprend par l’agence France presse qu’un cambriolage spectaculaire a lieu au musée du Louvre! Les voleurs ont bravé les frimas de l’hiver pour dérober des bijoux, les joyaux de la reine ! Ils seront certes invendables, mais on veut à tout prix les récupérer, car il y va de l’honneur du musée national, de la France et de son président !
Pour mener l’enquête, plusieurs détectives sont embauchés. Ils commencent à chercher, mais ce que les cambrioleurs ignorent, c’est qu’une puce électronique a été astucieusement et discrètement insérée avant le vol dans l’un des bijoux, en lieu et place d’une perle d’origine; c’est une mesure de sécurité réglementaire et habituelle. Il serait donc théoriquement facile de tracer les joyaux mais c’est bien connu, rien n’est simple, et de la théorie à la pratique, bien des obstacles doivent être surmontés.
Une pie voleuse
Car la puce est rapidement découverte par les cambrioleurs, informés de cette mesure de précaution coutumière, et ils vont l’utiliser pour tromper leurs poursuivants: en effet, ils la font ingérer par un oiseau, une pie voleuse, qui va bien évidemment être repérée par les détectives grâce au signal émis. Mais c’est là que les ennuis commencent, car l’oiseau est stoppé net par une éolienne qui, croit-on, détruit la puce. Or il n’en est rien, car le signal ne s’interrompt pas pour autant; la pie voleuse est en effet assistée par des congénères, elles aussi attirées par les brillants joyaux de la couronne !
L’oiseau porteur de la puce est certes déchiqueté par l’éolienne, mais ses restes révèlent la présence de la puce brillante; alors l’une des pies assistantes s’en empare, et reprend son vol, permettant ainsi aux détectives de poursuivre leur enquête.
Mais c’est bien connu, un ennui n’arrive jamais seul : car les détectives pensent avoir une longueur d’avance sur les cambrioleurs en lançant un drone à la poursuite de la puce dans le but de l’intercepter. Or une fois de plus les phénomènes naturels vont avoir raison de l’inventivité humaine : la tempête Benjamin vient en effet jouer les trouble-fêtes, brouillant les cartes du ciel, et les rendant illisibles pour le drone qui se perd!
Un îlot désert, peuplé seulement d’oiseaux
Les bijoux peuvent donc continuer leur périple à travers l’Europe en toute quiétude, en direction de l’océan, et pour traverser l’Atlantique, quoi de mieux qu’une croisière de plaisance de luxe, où les joyaux de la couronne pourraient être banalisés au cou et au poignet d’une jeune passagère, convaincue de faire de la pub pour une marque de bijoux de pacotille, et documentant son lent voyage avec force selfies postés sur Instagram!
En réalité, la candide passagère a été enrôlée à son insu par des escrocs complices des cambrioleurs qui planifient de récupérer les joyaux à l’arrivée du navire sur le continent américain !
Dans le même temps, la croisière se poursuit, et une excursion est organisée sur un îlot désert, peuplé seulement d’oiseaux.
C’est alors que la boucle est bouclée, pensez-vous, et que la pie voleuse va rejoindre ses congénères massés sur l’îlot désert, et grâce à la puce, indiquer aux détectives où se trouve le butin. Mais le sort continue à s’acharner contre les gens honnêtes, car la jeune femme se rend sur l’îlot parée de ses bijoux, dans le but de continuer sa promotion publicitaire photographique ; mais pour une raison obscure lors du retour, elle échappe involontairement au contrôle du personnel navigant, et reste oubliée sur l’île avec ses bijoux et son téléphone portable, inutile en l’absence de réseau. Elle reste sur l’île en compagnie seulement de plusieurs pies. Elle erre sans but, mais n’oublions pas que l’un des volatiles est porteur de la puce, détail qui permettra aux détectives de retrouver à la fois les joyaux et la jeune femme.
Tout est bien qui finit presque bien donc; la candeur de la jeune femme va l’innocenter, les voleurs quant à eux courent toujours, et les joyaux vont retourner dans le musée parisien, sous bonne escorte !
La morale est donc respectée et de retour sur le continent, la jeune femme, affamée par ses aventures, se fera servir un… tournedos Rossini…!
Meilleurs vœux!
Julia Vecsey


