Dis, Papa, c’est loin l’Amérique, demande le gamin… Tais-toi et nage, répond le Père ! Oui, le chemin peut paraître long surtout quand la ligne d’horizon est à 5km de vue. Mais alors, si l’on complique le terrain avec un massif montagneux, se posent plus de questions : c’est ça la vie. On peut regarder ses petits petons et éviter les cailloux ou l’on peut prendre plus de hauteur et définir son chemin pour arriver au but. Tirer son itinéraire, attention les épreuves.
Avec 27 ans de prison, Mandela disait : je n’ai jamais perdu, ou j’ai gagné ou j’ai appris. Oui, nous pouvons être le cancre près du radiateur qui attend que cela se passe ou l’élève qui se cherche et veut donner du sens. Ce mot a plusieurs connotations. D’abord la signification, comment définir sa vie, la jalonner et la faire évoluer en bon darwiniens que nous sommes ? Ensuite, la direction (sens interdit ou unique), comment prendre la bonne ? Puis le vrai sens !
Steve Jobs et les inflexions du parcours
C’est le plus compliqué, Steve Jobs parle de ‘connect the dots’, qui montre les inflexions du parcours. La lumière apparaît là où on ne l’attend pas : providence, hasard ou chance ? Il ne faut pas se laisser ‘enfer-mer’ dans les vicissitudes de la vie, savoir larguer les boulets et alléger son karma en chemin, travailler sur soi pour savoir ce qui constitue réellement son essence, d’aucun parle de vocation : rêve d’enfance, choc salutaire, ou vision partagée ?
On ne peut nier les voies très différentes qui ont été données à chacun, la douleur que cause l’une, l’injustice que provoque l’autre, le mal que l’on ressent ou le bonheur qui vient honorer une étape. On peut croire au destin ou travailler son chemin : l’important est de comprendre ce qui nous a été confié, en tirer le meilleur bénéfice possible tout en le partageant avec les autres, tout en assurant un bon équilibre de vie et, surtout le meilleur état d’esprit possible !
Le maître Augustin
Deep River, nous rappelle ce Gospel qui mentionne l’autre berge, le camp où il fera bon se reposer après avoir affronter les tourments du torrent, des eaux troubles ou des obstacles ! Si l’enfer, c’est les autres, nous disait Sartre, faut-il attendre le grand passage pour trouver le paradis, ce jardin d’Eden tant convoité par certains ? Commençons d’abord par mieux définir son but telle la cime que nous voyons au loin puis définissons le trajet, les sentiers et étapes.
St Augustin disait : je suis devenu, pour moi-même, un problème. Comme beaucoup de ces personnages qui ont été tiraillés entre les plaisirs matériels et la béatitude spirituelle, il avait du mal à définir le mystère auquel il était exposé et résoudre l’énigme que cela impliquait ! Avec humilité (bien ancré en terre), patience (ne cherchant pas midi à 14h) et amour (arme fatale et antidote de la peur), il a su répondre à sa vocation et devenir un très grand maître.
Chacun de nous devrait approfondir la recherche et c’est ce fameux chemin dont je parlais, alors que la cime n’est pas encore visible, la mission assez floue et les plans d’actions très compliqués à ébaucher. C’est dans la relation humaine, relation à soi, à l’autre, alentour, que l’on peut trouver des indices. Avez-vous noté cette personne qui a fait une différence dans votre vie, ces lieux qui vous ont marqué, ces rêves qui se sont échappés et votre quotidien ?
La mort vue par Elisabeth Kübler-Ross
Mais il faut aussi écouter de l’intérieur, se poser et s’inspirer, prendre le temps et questionner son for intime en sa conscience, tenir debout face à sa perte quand on prend de l’âge et ne pas fuir l’inévitable. La mort est un nouveau soleil, dit l’experte des soins palliatifs, Elisabeth Kübler-Ross. Alors que nombre débats se tiennent sur ce sujet, n’attendons pas cet instant pour se poser les bonnes questions et jalonnons notre vie de merveilleuses découvertes !
On peut esquiver certaines viles attaques de la vie, tel le maître des arts martiaux qui dévie les forces opposées, on peut soigner les plaies qui nous ont été infligées avec la patience de mise, on peut faire face à la pire des annonces si l’on s’aime assez pour s’accepter comme tel. N’est-ce pas cela le vrai paradis sur terre ? Encore faut-il se connaître, co-naître, naître avec soi-même, travailler son ipséité, œuvrer pour un meilleur chemin et affiner son but…
©Martin de Waziers


