Force de Vie (30) – J’ose poser le précepte qu’un leader doit d’abord l’être de sa propre personne !

Si je vous dis Alexandre Le Grand, vous le voyez fier sur son destrier mythique, comme lui, Bucéphale. Ils chevauchent les étendues perses à la conquête du monde connu et irons à l’Indus jusqu’à ce que les troupes renoncent à le suivre ! Un leader incontesté et aventurier intrépide qui a laissé sa trace indélébile en créant une vingtaine de villes dont Alexandrie. On a beaucoup disserté sur ses qualités de chef… Il aura vécu 33 ans comme un certain Jésus !

De l’Antiquité au Moyen-Age, les leaders se succèdent et ne se ressemblent pas. On parle de l’homme de cœur, celui qui a du courage, le cœur à l’ouvrage, mais est-ce suffisant pour peindre tous ces personnages au cours des siècles ? Certainement pas ! Des anciens aux modernes, les talents de leadership ont bien changé, même si la guerre reste un théâtre à ce sujet. Aujourd’hui, on trouve des leaders dans tous les domaines pas seuls ceux des chefs d’antan.

Du maître incontesté au père fouettard

C’est une question d’état d’esprit, pas seulement de vitalité personnelle ou de pouvoir sur les autres mais d’autorité sur un sujet. On parle de leader d’opinion sans réduire la catégorie aux fameux influenceurs qui manipulent les consommateurs. On parle aussi de leader dans en compétition sportive… Leader est un mot très ancien qui nous vient de l’anglais pour dire ‘mener, conduire, diriger’, vaste périmètre du même mot qui montre la complexité du terme !

On retrouve cette dernière dans la définition d’autorité allant du maître incontesté au père fouettard qui marque son territoire par la force, peut-être sa légitimité ou son pouvoir. Le fait est que l’on pourrait établir un parallèle entre les deux mots, leader et autorité, tout en notant que ni l’un ni l’autre ne sont pérennes si on n’arrive pas à les entretenir et maintenir. Notez alors qu’Alexandre Le Grand avait perdu autorité et leadership mais reste leader renommé !

Mener, conduire, diriger

Il s’agit donc d’avoir marqué son temps et son espace de façon assez claire dans sa vie pour être reconnu dans l’histoire. Les grands leaders laissent une trace, que ce soit en politique, dans les domaines économique ou social, littéraire ou artistique, conceptuel ou performant… Les exemples foisonnent et les théories sur cette matière, chacun y établira sa propre vérité. Cependant, j’ose poser le précepte qu’un leader doit d’abord l’être de sa propre personne !

Ne parle-t-on pas de ‘leader par l’exemple’ ? Il en va des trois niveaux de relation humaine, à soi, à l’autre et alentour, ce dernier allant jusqu’au cosmos, en passant par l’univers et, à son niveau, l’écologie intégrale dont on parle depuis 800 ans, merci François d’Assise. S’aimer soi-même représenterait-il donc un impératif pour pouvoir ‘mener, conduire, diriger’ ? En tous cas, tous les grands maîtres qui ont piétiné notre Terre, ont tous affirmé cette importance !

Il y a de multiples formes d’amour de soi mais il y en a une seule qui mène au leadership vertueux d’un Alexandre ou d’un Marc Aurèle. Ils sont tous deux philosophes, amoureux de la sagesse selon l’étymologie, et cette sagesse les a amenés à une forme d’introspection complète, un retour sur soi fondamental. Loin d’égocentrisme, égoïsme ou narcissisme des leaders temporaires, c’est ce que j’appellerai l’égocentrage, bien ancré en soi et rayonnant.

Prenez Ursula et Christine

Les femmes ont cela plus naturellement que les hommes car leur monde est intérieur à la base, foyer par excellence. Elles le dévoient facilement au contact d’un monde violent à leur égard. Prenez Ursula von der Leyen, Présidente de la Commission Européenne, qui est tout en extérieur à défendre ses causes politiques et comparez à Christine Lagarde, Présidente de la Banque Centrale Européenne, posant ouvertement l’amour comme pilier du leadership.

Paix, amour et joie forment un trépied d’un monde non pas utopiste mais espéré de grands leaders marqués par leur foi chrétienne. L’EDC (entrepreneurs et dirigeants chrétiens) fête ses 100 ans et continue de prôner ces valeurs en entreprise ; le Pape Léon XIV le fait pour le monde dans son ensemble depuis un an. François d’Assise les avait poser, voilà 800 ans et reste, icône de l’homme moderne donc leader et mort le 4 octobre 1226, autour de 33 ans…

©Martin de Waziers

Mosaïque de la bataille d’Alexandre, fin du IIe siècle av. J.-C. Musée archéologique national, Naples

Tags: , , , , , , , , , , , , , , , ,

Laisser un commentaire

Les commentaires sous pseudonyme ne seront pas acceptés sur la Méduse, veuillez utiliser votre vrai nom.

Le commentaire apporte une valeur ajoutée au débat dans le respect de son interlocuteur, tout en avançant des arguments solides et étayés. infoméduse renonce à publier des commentaires sans argumentation véritable, contenant des termes désobligeants, jugements de valeur et autres attaques personnelles visant des auteurs.

Mentions légales - Autorenrechte

Les droits d'utilisation des textes sur www.lameduse.ch restent propriété des auteurs, à moins qu'il n'en soit fait mention autrement. Les textes ne peuvent pas être copiés ou utilisés à des fins commerciales sans l'assentiment des auteurs.

Die Autorenrechte an den Texten auf www.lameduse.ch liegen bei den Autoren, falls dies nicht anders vermerkt ist. Die Texte dûrfen ohne die ausdrûckliche Zustimmung der Autoren nicht kopiert oder fûr kommerzielle Zwecke gebraucht werden.