Avez-vous vos deux jambes, deux bras, dix doigts, la tête en état ? Avec la Bonne Année, on vous rajoute volontiers : et surtout, Bonne Santé ! Et la tête, et la tête, alouette, alouette ah… S’il est vrai que le réceptacle corporel conditionne l’état global, âme et esprit aussi ; pourtant, on met un exergue considérable sur le physique. Quand je peux voir certains tétraplégiques qui sourient à ravir et arborent la joie de vivre, je rends hommage comme à Philippe Pozzo.
Pour les biens portants qui parlent légèrement de ‘prendre sa caisse (voiture) pour aller dans sa boîte (son lieu d’occupation)’, on imagine mal la prison d’un handicapé. Alors, il nous faut prendre de la graine quand on entend Mandela, après 27 ans de prison, dire : « je n’ai jamais perdu, ou j’ai gagné ou j’ai appris ». Quel bel exemple d’humilité, terre-à-terre pour reprendre l’origine de ce mot: humus, la terre ! Toi, l’enfant gâté, tu peux ‘think out of the box, it helps’.
Carpe Diem
Il y a aussi ceux qui souffrent d’une maladie auto-immune ou d’un cancer incurable et qui renvoient cette joie de vivre comme philosophie ; je repense tout particulièrement à Gilles Van der Spek qui a créé le profitivisme : profiter de la vie avec positivisme ! Mais on peut aussi citer Gisèle Pélicot qui a beaucoup souffert sous la coupe d’un prédateur et nous écrit : dire que je n’ai plus peur d’être seule, que je suis vivante et que j’ai retrouvé la joie de vivre !
Carpe Diem, cueille le jour, quel qu’il soit ! Plus facile à dire qu’à faire car les petits tracas du quotidien ont vite fait d’assombrir la journée. Une bonne drache et on est trempé : ça hydrate alors pourquoi te plains-tu ? Il suffit de danser sous la pluie, comme l’a si bien montré Gene Kelly ! François d’Assise parlait de la joie parfaite comme d’accepter et rendre grâce pour ses souffrances, lui qui avait vécu en Alter Christus et reçu les stigmates de la Croix divine !
La 9ème symphonie de Beethoven, hymne européen
Remettre en question la tristesse de mise et savoir, comme les tous jeunes enfants, pour ne pas dire les nourrissons, arborer un sourire : ils le font 400 fois par jour, les adultes 20 car le cumul des responsabilités le mine. Prenez un bonhomme de neige, on lui donne toujours le sourire : on s’amuse en le créant, il nous réchauffe en nous sortant de la torpeur de l’hiver, il en appelle à notre créativité, on fait son selfie en compagnie et s’amuse lorsqu’il va fondre.
La 9ème symphonie de Beethoven démarre par les tracas du compositeur mais termine par la précieuse ode à la joie devenu hymne européen : un message fort à l’humanité entière ! Si l’on doit exploser non plus sous les coups de canon mais tout simplement de joie, ce chant redonne du tonus au plus récalcitrant. Nul besoin de binge drinking (boire à l’excès, oublier ou s’oublier), l’entraînement de la musique triomphale nous fait vivre une autre joie parfaite.
Le monde du paraître à la galerie nous rend artificiel alors que les vraies gens n’ont nullement besoin de tous ces falbalas, de ces semblants qui dénaturent l’homme en le forçant à n’être que faux. Le bonheur ne s’acquière que par la relation humaine, nous a prouvé l’Université de Harvard dans son étude ‘the good life’ ; la relation humaine ne se nourrit pas seulement de l’argent et des diplômes mais du tout que nous représentons, sans culpabilité aucune !
La beauté du bien commun
Si vous ouvrez la porte de l’enfant pour le réveiller, dites bonjour, souriez, sans oublier le ‘je t’aime’ de mise : et le parent et l’enfant vont bénéficier toute la journée de cette énergie. Et, alors, appliquez cela dans la rue, chez les commerçants, au lieu de travail, mais soyons clairs, vous n’êtes pas obligé d’appliquer le 3ème volet, au risque de vous faire rattraper par un correspondant qui n’a pas apprécié cet innuendo : on est loin du message christique…
Emerveillez-vous et, sans avoir besoin de parler aux oiseaux comme certains, reconnaissez la beauté du bien commun. Ne perdez pas le rythme des sourire, rire, câlins, et de l’attention portée à l’autre, quelque soit sa condition. Si vous rayonnez de l’amour que vous vous portez alors l’autre ne pourra que résonner de cette même énergie et vous pourrez, peut-être pas dans l’immédiat, entonner ce très bel air de Charles Trenet : y’a d’la joie, bonjour, bonjour !


