Ainsi le président des Etats-Unis veut « ramener l’Iran à l’âge de pierre ».
Et il est des idiots utiles en Europe qui applaudissent.
On en est à se demander, pour user d’une image facile mais parlante, lesquels des visiteurs européens du zoo planétaire en train d’observer les singes sont les primitifs et lesquels sont les humains censément raisonnables, honorables et civilisés.
Le clown maléfique, vulgaire et ridicule de la Maison Blanche a-t-il seulement une idée ténue de la différence incommensurable qui existe entre les héritiers de la grande Perse, devenus à leur tour une grande civilisation – même si bien des choses chez eux déplaisent aux rustres d’un Occident qui n’est plus que l’ombre de ce qu’il était, – et ce nabot culturel et civilisationnel, encore à un stade d’adolescence caractérielle, égoïste et sauvage, que sont les Etats-Unis ?
Menace, chantage, blocus et embargo
Ce pays de la « liberté », contrairement à ce que la plupart des gens croient, s’est construit sur l’unique liberté de s’enrichir par tous les moyens, y compris criminels. Il a évolué, après la défaite des Jeffersoniens et le triomphe des sectateurs d’Hamilton – l’homme de la banque – vers un matérialisme agressif démesuré, soutenu par un fanatisme vétérotestamentaire éhonté, lequel n’a d’autres modes d’action, depuis la seconde moitié du XIXe siècle, que la menace, le chantage, le blocus et l’embargo. Faute d’obtenir ce qu’il exige, il lâche alors des tapis de bombes au phosphore et au napalm. Primate vaniteux et borné, punissant les créatures pourtant moins primitives mais plus faibles que lui qui lui désobéissent, il frappe, massacre, détruit, jusqu’à éradication totale – ainsi conçoit-il le résultat – de leur pays et de ses habitants.
Et il se trouve dans notre vieille Europe décadente et putride, dont la civilisation autrefois admirable est aujourd’hui en lambeaux – essentiellement par la faute des traîtres qui la gouvernent, – des milliers d’indigents du bulbe pour applaudir les sinistres tyrans de Washington et leur méprisable sous-traitant européen, l’Union dite « européenne », mais qui n’a d’européenne que l’épithète indûment accolée à son nom.
L’Iran, pour l’heure, a dépassé les quatre semaines de résistance. Fassent les dieux de notre panthéon authentiquement européen qu’il persiste et terrasse l’empire méphitique et nauséabond qui, outre-Atlantique, déshonore la planète.
Michel Bugnon-Mordant, Fribourg

