Nombre d’observateurs soulignent régulièrement le désintérêt de Donald Trump à l’égard du sort des Iraniens. Si ce constat est discutable, il occulte une question plus pressante : qu’en est-il de la mobilisation de l’Europe et des autres nations ? Le contraste est frappant : alors que les manifestations en faveur de la Palestine mobilisent massivement les appareils politiques, les mouvements de protestation contre le régime islamique ne suscitent qu’un écho limité. Ce constat interroge sur le degré d’implication réelle de la société civile et des institutions internationales auprès des opposants au régime.
Le débat se cristallise souvent sur la légalité internationale. Beaucoup s’opposent à une action directe contre Téhéran, y voyant une violation du droit souverain. Si cet argument juridique est fondé, il se heurte néanmoins à une contradiction majeure : celle des violations systématiques des droits de l’homme. Face au principe de protection des populations, pilier fondamental de l’ONU, quelle norme doit primer lorsque ces deux impératifs entrent en collision ?
En choisissant de rester en retrait, l’Europe et l’OTAN commettent une erreur stratégique majeure. Cette passivité s’apparente à une trahison envers le peuple iranien et la stabilité mondiale. L’enlisement des tensions au Moyen-Orient ne fait qu’aggraver la crise humanitaire. L’actualité récente — la mort d’un ressortissant français sous les coups de milices libanaises ou les attaques contre la marine marchande indienne — démontre que le régime islamique est le foyer central de cette instabilité. Il est illusoire de penser que les nations occidentales pourront rester indéfiniment à l’abri des ondes de choc produites par Téhéran.
Le péril représenté par ce pouvoir semble encore largement sous-estimé. Il est impératif de comprendre que nous faisons face à un appareil dirigé par des fanatiques dont l’idéologie du « martyre » l’emporte sur toute logique de survie étatique. Prêts à la politique de la terre brûlée, ils n’hésiteraient pas à entraîner le monde dans leur chute. C’est dans cette optique que l’accès à l’arme nucléaire par un tel régime constitue une menace existentielle. Pour autant, cette menace ne doit pas occulter un principe universel : aucun État n’est structurellement immunisé contre le fanatisme idéologique, qu’il s’agisse du Pakistan, d’Israël, des États-Unis ou de la Russie. La question de l’abolition des armes atomiques reste, à ce titre, un enjeu global.
Yasmine Motarjemi, Nyon

