En mai, fais ce qu’il te plaît. Mai, c’est le mois des fleurs, mais aussi le mois de Marie, parce que l’on aime lui déposer des bouquets devant ses nombreuses représentations. Il faut dire qu’elle le mérite car, si elle n’est mentionnée qu’une douzaine de fois dans la Bible, Son OUI a changé le monde, disait Charles de Foucauld ! Chrétien ou pas, on ne peut ignorer l’icône de la maternité volontaire et de l’intercession régulière. Au secours, Marie, ne le dit-on pas ?
C’est le titre du livre d’Amandine Cornette de Saint Cyr, auteure à succès, qui, surprise par la nouvelle d’un cancer du sein chez sa mère, décide de tenter un pèlerinage à Lourdes, ce lieu qui attire 3 millions de pèlerins par an et 60000 malades en quête de guérison. Démarrant le 11 février, journée internationale des malades, la saison mariale dure neuf mois avec un pic entre le 1er mai, pèlerinage de l’Ordre de Malte et le 15 août, le National, pour les Français !
Qui n’a jamais attendu un miracle?
Maman ne prend guère le train si ce n’est le Paris-Nice, sa foi du charbonnier la tient quand même aux tripes et Amandine qui planifie l’aller-retour sur 48 heures, fissa ! Qui n’a jamais imploré un grand maître lorsque sa vie a basculé ? Qui n’a jamais rêvé, attendu un miracle ? La 4ème de couv’ du livre nous en annonce un véridique… Pourtant, il n’y en a guère eu plus de 72… reconnus par l’Eglise, mais 100 fois plus relayés par la voix publique et 10000 ex-voto dans la Basilique locale.
Et voilà Maman embarquée dans un périple mené avec humour par sa fille qui nous le relate avec brio et légèreté, de la découverte des marchands du Temple (magasins de souvenirs) aux déconvenues diverses (hôtel, piscine), sans oublier le parcours du pèlerin, quand même. 1858, Bernadette Soubirous voit une dame qui lui demande la grâce de sa présence puis lui révèle qu’elle est l’Immaculée Conception, dogme sur la Vierge Marie établi… 4 ans plus tôt.
Einstein est cité
Lumineux, joyeux, bouleversant chemin de Lourdes pour tous ceux qui ont pu ressentir cette présence. On retrouve ce sentiment dans le couple mère-fille, puissance de la foi et besoin d’espérance qui fait vivre, mais surtout cet amour vivant qui permet de répondre à la quête de sens face à l’adversité, d’assouvir le besoin de réconfort et de garder la volonté farouche de ne pas baisser les bras. Accepter l’obscurité, sans croire que la lumière n’ait disparu…
Einstein est cité quand il énonce deux façons de vivre votre vie, l’une comme si rien n’était un miracle, l’autre comme si tout l’était. Différence entre le miracle reconnu par l’Eglise, un parcours du combattant, et le miracle du quotidien à Lourdes qu’est la conversion du cœur ! Au-delà, cette joie partagée par tout un chacun que chacun rapporte chez soi. Marie, douce et apaisante, est une généreuse pourvoyeuse d’amour calme et totalement inconditionnel.
Duc in Altum, va au plus profond de toi ou au plus haut que tu peux, et n’aie pas peur, telle est la parole la plus prononcée dans la Bible, 365 fois, dit-on. Amandine et sa mère donnent l’impression de vivre ce pèlerinage dans cet esprit, ce souffle de vie mélange de gravité et de joie, entre les larmes et l’humour, le tout porté par l’espérance. Lourdes fait revivre par cette simple attente collective, dans la ferveur d’un Ave Maria qui la transforme en grâce partagée.
Médiatrice face aux grands de ce monde
C’est un beau roman, c’est une belle histoire, pourrait nous chanter Michel Fugain… Car il en a découlé une guérison inattendue mais véridique. On peut imaginer le développement de la mariologie qui découle de la simplicité de la Vierge Marie, vulnérable mais constante face à l’épreuve, douce médiatrice face aux grands ce monde qui exposent leur puissance. Bruce Springsteen a confié au magazine Rolling Stone: Marie est rédemption, espoir et protection.
De Lourdes, on ne repart jamais comme on est venu ; Amandine Cornette de Saint Cyr nous avoue que, dans son cas, c’est la guérison et une mère de substitution. Marie nous expose la transmission divine par la femme, que ce soit l’image du péché originel ou la nativité de Jésus. C’est aussi la mère courageuse, la sienne comme Marie. Stabat Mater, celle qui tient debout au pied de la Croix sans vaciller, celle qui a répondu à tous ses maux. Merci, Marie !


