L’hiver a tiré sa révérence et le printemps appelle la vigne et d’autres plantes à aller chez le coiffeur.
Tailler, rime avec vivifier… mais est-ce bien vrai ? vu que l’entaille du sécateur ou des ciseaux peut blesser, faire mal ou effrayer ? alors, éviter ou repousser ? non, non, clament en coeur les vignerons, affirmant que la taille donne une nouvelle vigueur aux sarments. Et ceci, même si l’entaille fait couler des larmes appelées « les pleurs » de la vigne. Cette sève claire est le premier signe du doux réveil des racines après la « dormance » hivernale, et l’appel au « débourrement », la naissance des feuilles, hors de leur « bourre ».
Sans la taille, la vigne sera feuillue, sans beaucoup de fruits.
Et qu’en est-il du cep, ce « père » de la vigne ? c’est lui, le veilleur d’hiver qui attend ses sarments.
Cep et sarments sont ainsi liés pour la Vie, appuyés ensemble sur le tuteur, ils offriront le fruit. Une vigne sauvage, sans tuteur, poussera dans tous les sens, avec peu de fruits.
Frappante ressemblance du cycle de la vigne avec nous, non ?
– dormance; réveil, et que dire de notre cep, de nos sarments, sans parler des tailles suivies de larmes, dans nos vies ?
Alors, je vais jardiner, et voyant que mon camélia a eu un coup de froid, je le taille et retranche ce qui est mort, ce qui me rappelle :
Je suis le vrai cep et mon père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il le retranche
De mon entaille, émerge alors une minuscule pointe verte; l’apôtre Jean me dit encore:
» Et tout sarment qui porte du fruit, il l’émonde, afin qu’il porte encore plus de fruit »
J’accepte aussi d’être taillée et je fleurirai avec mon camélia !
Claire-Dominique


