De simples généralistes, lunettes légèrement de travers sur le nez, sourire condescendant aux lèvres, se précipitent sur les plateaux de télévision pour expliquer au « peuple ignare », à coups d’euphémismes soigneusement pesés et de périphrases rassurantes, que ce virus n’a rien de nouveau, qu’on le connaît depuis des lustres, qu’il ne se transmet d’homme à homme que difficilement et qu’il n’est que quatre fois plus létal que le Coronavirus qui, lui est très contagieux mais tellement moins mortel.
Les politiques, eux, ressortent mot pour mot leurs discours lénifiants d’il y a cinq ans. D’anciens ministres et ministresses, arborant ce sourire pincé propre à la caste supérieure, s’évertuent encore à justifier leur terrible imprévoyance, démontrant avec une constance affligeante qu’ils n’ont rien appris et demeurent, aujourd’hui comme hier, d’une sidérante incompétence.
Quant à l’OMS, foin de santé politicienne, prise de court une fois de plus, elle se borne à répéter que tout est sous contrôle, alors même que la situation lui échappe déjà.
Et voici la première faute grave : au lieu de délimiter un périmètre de sécurité autour du navire, ils dispersent les cas contacts « à pied, à cheval, en voiture » aux quatre coins des continents, semant avec eux les germes du désastre.
Eran Shamgar, Lausanne

