PAR CHRISTIAN CAMPICHE
Trump, Poutine, Xi, même combat. Les rivalités entre puissances entretenues par guerres entreposées, qu’elles soient sanitaire (Corona), militaire ou économique, sont au paroxysme depuis 2018, l’année où le World Economic Forum a lancé son grand projet de répertoire génétique de toutes les formes de vie sur Terre.
Le programme du WEF « semble avoir été écrit par un biologiste fou », commente Hélène Tordjman dans un essai que tout le monde devrait lire, intitulé « La croissance verte contre la nature ». Un livre-réquisitoire contre l’écologie marchande, les beaux discours environnementaux récupérés par l’industrie de la biotech et la maladie du « produire toujours plus » sur un espace terrestre malmené. Dans la veine des illustres précurseurs Illich, Polanyi, Ellul, dans la ligne de son aîné contemporain Serge Latouche, l’économiste de haut vol française, maîtresse de conférences à la Sorbonne, se fait l’apôtre de la décroissance, « la seule voie de nature à engager une réduction généralisée des extractions, productions et consommations (en s’attaquant aux inégalités plutôt qu’en déteriorant la condition des plus pauvres) ».
Douce rêveuse? Non, courageuse réaliste! Réaliste, parce que la course aux armements n’a jamais exclu l’utilisation de la bombe A, depuis son invention en 1945. Courageuse, parce que sa mise en garde équivaut à crier dans le désert. Inutile de compter sur les médias pour relayer une information qui nuit à leurs sponsors, souvent des marchands d’armes marionnettistes de présidents.
En juin se tiendra à Evian un rassemblement de chefs d’État auquel Zizanion s’est invité. Toute la contestation de l’ancien empire de Charlemagne défilera dans les rues helvétiques. La France ayant délégué la gestion du risque, le canton de Genève prévoit déjà de débloquer 6 millions de francs pour assurer sa sécurité. La Suisse est riche, après tout, elle a les moyens de payer. Le Conseil fédéral n’est pas content, les présidents suisse et français se font la gueule, mais qu’importe. En cas de vengeance dans les urnes, si la votation sur la Suisse à 10 millions passe la rampe, ce n’est que Bruxelles qui casquera. Une histoire belge de plus.
Il y aurait pourtant mieux à faire. Par exemple une grande conférence sur la décroissance à Lausanne où ce mouvement compte de nombreux relais. En France aussi la notion n’est plus taboue et fait son chemin dans l’opinion. Quelle meilleure cause pour relancer la coopération entre les peuples, l’enthousiasme des nouvelles générations en deuil d’idéaux?
Alors, à quand ce sommet de l’harmonie entre un monde industriel en quête de repères lui permettant de se réconcilier à la fois avec une base citoyenne urbaine turbulente, toujours plus déconnectée des enjeux du pouvoir, et des paysans aux illusions douchées par la froideur totalitaire d’un robot nommé IA?



Merci, Christian, de prôner une évidence. Les élites nous ont aveuglés avec leur ‘we’ll do all that it takes’ et le Great Reset… Quelle gabegie !
Temps pour l’humanisme de retrouver sa place face au capitalisme: https://www.infomeduse.ch/2024/11/02/capitalisme-et-humanisme/
Si la Suisse est connue pour ses votations comme les ’10Mln en 2050′, n’en faut-il pas une prochaine sur la décroissance? Martin
Effectivement , il s’agit plutôt d’un robot…AI (aie aie aie). Un gouvernement mondial fédéré me parait être la seule solution.
Nos civilisations sur le déclin auraient intérêt, en effet et de toute urgence, à mettre en œuvre une décroissance drastique, alors que les pays « émergents » en retard de développement en rêvent, de cette croissance … La quadrature du cercle …