Lundi 24 août, Infoméduse révèle que malgré une condamnation pour viol et contrainte sexuelle, Tariq Ramadan n’est toujours pas incarcéré. Le 26, le média français Franc-Tireur titre « Ramadan en toute impunité ». Le 27, Blick annonce, comme par hasard, qu’il ne bénéfice « d’aucun privilège », le prédicateur étant sous bracelet électronique.
PAR IAN HAMEL, à Genève
Tariq Ramadan a été condamné définitivement pour « viol » et « contrainte sexuelle » à trois ans de prison, dont un an ferme, en août 2025. Un an, plus tard, Infoméduse s’étonne que l’ancien enseignant soit toujours en liberté. Le site contacte le service de réinsertion et du suivi pénal (SRPS) de l’État de Genève. Plus précisément, le Département des institutions et du numérique (DIN), dirigé depuis 2023 par la socialiste Carole-Anne Kast. Avec beaucoup de retard le DIN nous répond que « conformément à la loi régissant la protection des données, nous ne sommes pas en mesure de communiquer des informations sur les cas particuliers de personnes sous notre responsabilité ».
De son côté, l’hebdomadaire français Franc-Tireur s’étonne le 26 août que malgré ses condamnations (18 ans de prison en France pour viols sur trois femmes), Tariq Ramadan puisse animer une école, le centre Chifa, théoriquement installé dans l’Hexagone. Un centre qui emploie son épouse Iman, et sa fille, Maryam, sans que l’on sache si elles disposent de diplômes. Plus inquiétant Chifa salarie « Yacob Mahi, condamné en appel à deux ans avec sursis pour attentat à la pudeur et coups sur des élèves ». Ainsi que Christophe Oberlin, ancien tête de la liste Euro-Palestine aux élections européennes, favorable au Hamas, avec Dieudonné en numéro trois.
Ramadan « ne bénéficie d’aucun privilège »
Comme par miracle, 20 minutes, puis Blick, qui ne se sont pas intéressés à la situation de Tariq Ramadan depuis un an, titre le 27 août, le premier « Tariq Ramadan purge sa peine sous bracelet électronique », le suivant, « Tariq Ramadan libre de ses mouvements malgré sa condamnation pour viol ». Aucun de ces deux médias ne s’étonne qu’un violeur, jugé capable de récidiver selon la justice française, puisse bénéficier d’un bracelet électronique comme un simple petit voleur de porte-monnaie. Alors que le viol reste un crime. Les deux publications assurent que Tariq Ramadan « ne bénéficie d’aucun privilège ». De quoi satisfaire à la fois le conseil d’État genevois et les avocats du prédicateur.
A aucun moment, 20 minutes et Blick ne citent Infoméduse et n’expliquent leur brutal intérêt pour le sort de Tariq Ramadan. Le plus dérisoire, c’est que ces deux médias se croient obligés d’écrire que ni le DIN ni les défenseurs du violeur, en l’occurrence Maître Yaël Hayat, n’ont « confirmé l’information ». Juste une petite question : le bracelet électronique, Tariq Ramadan le porte-t-il depuis le 26 ou le 27 août 2026 ? Et comment fait-il pour pouvoir se rendre régulièrement en France où il fait toujours l’objet d’un mandat d’arrêt international ?


