Il faudrait encore plus de temps avant l’initiative afin de débattre de la vraie question qui oppose l’OTAN à la Russie depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Du côté occidental on a brandi la peur d’une attaque soviétique en Europe et il en a été de même en Russie. L’OTAN contre Pacte de Varsovie. Mais on ne s’est jamais véritablement posé la question de connaître les raisons qui auraient poussé à la guerre.
L’URSS était immense et la Russie seule est immense, qu’est-ce que les Russes viendraient chercher en Europe, qui elle ne possède pas grand-chose ? La vérité c’est que cette peur entretenue a détourné les fonds nécessaires aux structures, autant aux États-Unis qu’en Russie, au profit de l’industrie de l’armement et à l’entretien des bases militaires. Les structures aux États-Unis sont dans un était déplorable. Vu qu’ici en Europe les médias se sont très peu intéressés à la vie en Russie, on est peu au courant de l’état des structures, cependant on imagine bien qu’une grande partie des ressources ont également été dans l’armement au dépend des structures. Et tout cela s’est fait sans se demander un seul instant qu’est-ce qui aurait bien pu pousser les Soviétiques à envahir l’Europe occidentale. Bien sûr on montre la répression dans les pays de l’Est, mais cela n’a jamais menacé l’Europe occidentale.
Une occasion manquée en Europe
De plus on n’en est plus là depuis la fin de l’URSS, les pays de l’Est sont libérés ainsi que les anciennes républiques soviétiques. Cependant un nouveau problème est apparu, auquel on a été peu attentif. Toutes ces anciennes républiques soviétiques possédaient une minorité russe et pas seulement en Ukraine. Or ces anciennes républiques avaient souffert du communisme et pour elles tout provenait de Moscou, quand bien même Staline était Géorgien. Aujourd’hui encore ces minorités russes font l’objet d’ostracisme. Le problème est surtout là en non pas d’une supposée attaque de l’Europe par la Russie.
Mon impression est qu’en Europe on a laissé échappé une occasion unique, dès la fin de l’URSS, non seulement d’entreprendre de véritables négociations ayant pour but à la fois d’aider la conversion d’une dictature en des États démocratiques tout en établissant de forts liens économiques basés sur une réalité évidente mettant du côté de l’Est d’immenses richesses en sous-sol et du côté européen une grande expérience démocratique ainsi qu’une industrie moderne et performante.
Bien du monde et pas seulement en France, se réfère à de Gaulle, lequel prônait une Europe allant du Portugal à l’Oural. Et donc tout en admirant de Gaulle l’Europe à fait exactement le contraire dans le sens où elle a entretenu avec les Américains, une alliance militaire principalement dirigée contre la Russie.
Plus de temps afin de permettre aux opposants à l’initiative de démontrer en quoi la Russie menace l’Europe. Certes en ce moment ils montreront les ingérences nommées guerres hybrides mais en oubliant par contre les ingérences américaines telles que l’a montrée entre autres l’affaire Krypto, sans parler de la guerre économique engagée par Trump.
Tout est noir ou blanc
Le plus triste dans tout cela c’est qu’avant la guerre russo-ukrainienne, tout se passait bien avec la Russie, par exemple une délégation russe avec fanfare était venue à Payerne pour rendre hommage au général Jomini, ce stratège mondialement reconnu. Des liens économiques et culturels étaient tissés….
Tout cela s’est soudainement interrompu. Si je ne reviens pas ici sur les responsabilités de la guerre, c’est qu’une fois de plus l’opinion publique exige toujours une réponse sans nuance, c’est noir ou c’est blanc. Or après bien des lectures, des rappels de l’Histoire et moult analyses, on voit bien qu’il n’y a pas les gentils d’un côté et les méchants de l’autre, tout se mêle, confusion, corruptions, exactions, complots (il y a toujours des complots dans les guerres), crimes de guerres, bref tout ce que comporte une guerre, jamais propre. Souvenez-vous de la guerre en Irak.
Aujourd’hui en Europe on se focalise uniquement sur les bombardements russes en Ukraine mais jamais sur les bombardements ukrainiens en Russie, de même on oublie les nombreux bombardements de civils commis par l’Occident dans le reste du monde. La vérité est que tout bombardement de civils est un crime de guerre et reconnu comme tel et cela doit cesser.
C’est pourquoi il est primordial que la Suisse revisite sa neutralité afin de la rendre crédible ainsi que de faciliter le rôle de la diplomatie, essentielle à la paix. Je voterai oui (lire également ici).
Christian Favre, Yvorne


