L’exemple de Roosevelt


Les dirigeants de la planète ont-ils perdu la mémoire? Comment ont-ils pu oublier si vite la loi Sarbanes-Oxley? En 2002, au plus fort du scandale Enron, les Etats-Unis se dotaient d’un instrument législatif destiné à rétablir la confiance sur les marchés financiers. Il était question d’améliorer la transparence, de réformer la comptabilité des sociétés et de protéger les investisseurs. Plus jamais ça, criaient en chœur nos bons gouvernements, empêtrés dans les gravats du krach de la «nouvelle économie».
Que sont devenus aujourd’hui les grands préceptes mis en place en 2002? Se souvient-on encore que l’on présentait la loi Sarbanes-Oxley comme la réforme la plus importante depuis les années trente? L’amnésie de nos capitaines a ceci d’ahurissant qu’elle semble protéger surtout un système qui ne veut pas admettre ses tares, voire sa faillite.
Et voyez cette suffisance! Cette façon de dénigrer les aïeux, prétendre que l’on est beaucoup plus malin qu’eux. Nos génies actuels argumentent qu’ils ont tenu compte des leçons de la crise de 1929. Comme si les garde-fous adoptés au cours des dernières décennies étaient tellement révolutionnaires. En 1930, déjà, on utilisait les taux d’intérêt pour agir sur la conjoncture, oui! Et en 1930 déjà, quelques mois après la catastrophe boursière, les grandes puissances organisaient un conclave pour délibérer sur les remèdes susceptibles de parer à la grande dépression.
Rien de nouveau sous le soleil. Même marasme économique, même changement de constellation politique. En 1932, Roosevelt arrivait au pouvoir et nettoyait, non sans mal, les écuries d’Augias. Il finissait par gagner son bras de fer contre l’establishment financier, le Congrès américain votait la loi Glass-Steagall instaurant une séparation entre les activités des banques de dépôt, des banques d’affaires et des assurances. Une disposition qui, soit dit en passant, a été abrogée en 1999. Parce qu’elle gênait beaucoup de banquiers.
Le successeur de George W. Bush sera- t-il tenté d’imiter l’inventeur de l’Etat providence? Good luck, Barack(a) Obama!
Commentaire paru dans “La Liberté” du 17 novembre 2008

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One Response to “L’exemple de Roosevelt”

  1. Ilja Feldstein 3 janvier 2009 at 17:24 #

    Enormous hopes are being placed on Barack Obama.
    Given his heritage he can’t but disappoint.
    Everybody knows that.

    What nobody seems to be talking about are his first two
    big mistakes.

    1.) Supporting the bailout of General Motors with taxpayers’ money

    2.) Increasing the military commitment to Afghanistan

    Two costly battles he can’t win.

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