Navire amiral de la presse valaisanne, “Le Nouvelliste” est-il condamné à évoluer dans un panier de crabes? Lassé de ne pouvoir s’imposer au sein d’un noyau d’actionnaires valaisans liés par une convention, Pierre Lamunière en sait quelque chose. Malgré les 37,5% qu’il détenait dans le quotidien imprimé à Sion, l’éditeur vaudois a dû jeter l’éponge, l’an dernier. Il a tout revendu au voyagiste Jacques Lathion, permettant à ce dernier de devenir le véritable propriétaire du journal avec 75% du capital. Philippe Hersant sera-t-il le prochain non valaisan à faire, à ses dépens, l’expérience de la rudesse du relief local? L’ancien propriétaire du “Figaro” rêve d’un petit empire en territoire helvétique. Après avoir racheté “L’Express” et “L’Impartial”, Hersant a mis l’an dernier un pied à l’étrier sédunois en concluant un accord de collaboration technique avec le “Nouvelliste”. Il est prévu que les contacts ne s’arrêtent pas en si bon chemin puisque les deux rédactions devraient fusionner plusieurs rubriques, sous la direction, dit-on, de Nicolas Willemin, le rédenchef des quotidiens neuchâtelois.
Le projet qui signerait un nouveau pas dans le processus de concentration de la presse helvétique est donc fortement engagé. On souhaite bonne chance à M. Hersant car au moment même où des sources très autorisées ne mettent pas en doute la signature du contrat réglant la vente à Hersant de la totalité des parts de Lathion, ce dernier se multiplie en démentis tous azimuts. En guise d’hospitalité, on a vu mieux.