Pixels


Sur les chemins qui mènent au futur “Pôle muséal” (prévu à l’emplacement des anciens Ateliers des CFF, à droite sur notre image Micpic): la destruction du Lausanne GuestHouse, un hôtel familial réputé (à gauche). Lausanne, février 2012.

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4 Responses to “Pixels”

  1. Pierre Adler 16 février 2012 at 18:36 #

    J’écris de l’état de New York où j’habite. Je dois dire que j’éprouve bien de la tristesse en apprenant l’existence de cette velléité de gigantisme qui a réussi à se couler dans les âmes de nos politiques (je suis citoyen suisse).

    Il faut absolument combattre le gigantisme sous toutes ses formes. Il est essentiellement lié à une forme non-renouvelable de société industrielle, c’est-à-dire une société dont le fonctionnement présuppose des sources d’énergie fossile illimitées. Or une source d’énergie fossile illimitée est une contradiction “in adjecto”: il n’existe aucune source de quelque fossile que ce soit qui soit illimitée.

    S’engager dans un gigantisme quelconque à une époque de crise écologique massive et de changement climatique témoigne d’une conscience anachronique et quasiment suicidaire.

    De surcroît, le projet en question est inacceptable du point de vue du sentiment esthétique holistique des structures architecturales de la ville. Or ce point de vue compte pour beaucoup dans le façonnement de la santé psychique des habitants d’une ville.

  2. pivoine 19 février 2012 at 00:14 #

    Je vous rejoins totalement lorsque vous mentionnez l’influence de l’esthétique de nos lieux de vie sur la santé psychique. Cependant la vente d’antidépresseurs est un bon fonds de commerce.
    Dans cette région nous sommes un peu complexés d’avoir “un train de retard” et ne savons pas saisir l’occasion pour tirer profit des erreurs des autres. Par exemple, je crois savoir qu’aux USA l’engouement pour les “mall” est en train de diminuer. Ici il n’y a pas un projet urbanistique (et ils sont nombreux) qui ne comprenne pas un centre commercial.
    Je me demande si, dans notre canton, à force de grossir, la grenouille ne va pas exploser.

  3. Pierre Adler 19 février 2012 at 17:19 #

    A Pivoine:

    Justement, pour autant que tout ce qui est local, et non pas global, c’est-à-dire en fin de compte imposé d’en haut par des intérêts gigantesques exogènes (par des cartels multinationaux ou transnationaux), a tout de même réussi à persister en Suisse, la Suisse n’est pas en retard, mais bien en avance, ou, plus précisément, sur la bonne voie.

    Le local, le modeste, l’artisanal (eh oui!), l’agriculture non-industrielle, les modes de transport publics, les jardins potagers, les énergies renouvelables, les bicyclettes, l’instruction publique, et cetera, voilà l’avenir. Dans la mesure où la Suisse ne s’est pas précipitée pour détruire ces structures et ces pratiques traditionnelles, ainsi que son urbanisme non-moderniste, elle est précisément en avance et non pas en retard.

    C’est là ce que les politiques complexés en question ne semblent pas encore avoir saisi. Il est temps que le peuple leur donne quelques leçons.

  4. Pierre Adler 19 février 2012 at 19:09 #

    A Pivoine:

    Aux États-Unis, il y a en effet un mouvement écologique anti-gigantisme, prônant ce qui est local, et, dans une certaine mesure, même anti-industriel: parmi ses représentants les plus vocaux on compte James Howard Kunstler (auteur, polémiste et journaliste), dont le livre “The Long Emergency” a secoué beaucoup de gens, Richard Heinberg, qui vient de publier “The End of Growth” (“La fin de la croissance”), spécialiste des questions énergétiques, en particulier du pic pétrolier, John Michael Greer, auteur de “The Long Descent,” qui décrit le destin des sociétés industrielles lorsqu’elles viendront à manquer sérieusement de leur drogue énergétique favorite, les sources d’énergie fossiles (également le sujet de l’ouvrage de Kunstler), et l’essayiste et agriculteur Wendell Berry.

    Kunstler a aussi beaucoup écrit sur les questions d’urbanisme: il est résolument anti-moderniste dans ce domaine et, bien entendu, contre les “strip malls” et “shopping malls”. Ses polémiques à ce sujet sont sans concession.

    Parmi les organisations et les personnalités qui travaillent très concrètement pour changer cet état de choses, je me bornerai à citer l’exemple du très dynamique physicien Marcin Jakubowski et de son organisation Open Source Ecology (voir son site Internet, opensourceecology.org/).

    Jakubowski a délaissé l’université, acheté de la terre et s’est transformé en agriculteur et constructeur de machines agricoles au coût beaucoup plus abordable que celles disponibles sur le marché. Les plans de ses machines et les instructions pour leur fabrication sont disponibles gratuitement sur le site Internet de Open Source Ecology. Jakubsowki forme aussi des jeunes gens nouvellement sortis des universités états-uniennes, qui n’arrivent pas à trouver de travail, décident de se recycler et de réorienter radicalement leur parcours de vie.

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