Force de Vie (37) – Power Couple

Jeter le bébé avec l’eau du bain, une expression figurée mais symbole de notre époque où le discernement a eu tendance à disparaître ou être relégué de par l’empressement du temps si compté ! Rejeter une situation dans son ensemble en éliminant tout ce qu’il y avait de bon, plutôt que de patienter et la passer au crible pour l’analyser en détail et donner une chance ! Le bain, c’est la famille dans le cas précis : si le couple ou la coupe casse, le bébé trinque…

Non, ce n’était pas mieux aux générations précédentes mais le monde de l’hypermodernité nous pousse au vice de la surconsommation. Avant, monsieur avait sa maîtresse et battait le terrain pour prolonger le fun pendant que madame s’occupait des marmots. Le féminisme de bon aloi des 40 dernières années est venu rebattre les cartes et sortir le monde de sa zone de confort... pour certains, oups ! Le couple tenait bon malgré les vicissitudes de la femme !

Divorce pour un oui, pour un non

Deux extrêmes, et comme tous les extrêmes, la cata ! Vous me trouvez pessimiste mais si l’on voit le désastre qu’a créé l’hypothèque des gamins que l’on a eu à la « va-vite que j’te pousse », on peut pleurer ! La famille n’est-elle pas le pilier initial de société ? Mais, depuis le rejet du mariage comme institution surannée, elle n’est plus la référence. Speed-divorce des 2 premières années, méno-divorce de la ménopause, divorce pour un oui, pour un non !

Le mariage n’est pas complètement relégué car il y a la galerie et Instagram pour en jeter un bon coup ! Loin est le mariage dans l’intimité, celui qui était empreint de sérénité profonde du couple, de la famille et des proches. Aujourd’hui, les vieux ont le droit ‘max’ à une table et les jeunes s’empilent et se morfondent dans des shows souvent insignifiants, parfois choquants, tout cela pour que l’on s’en souvienne. A-t-on pris le temps d’écouter la célébration initiale ?

Un équilibre à trouver entre temps seul(s) et communauté

Fiançailles, ce mot indique la période entre la demande et le mariage, un moment où il nous faut tout faire pour concrétiser le lien. Comme le deuil, on recommandait 2 ans pour écouter l’autre et nous assurer que s’il y a doute, on l’éloigne ; sinon, il est temps du discernement et savoir s’il n’est pas mieux de casser les fiançailles. Le mariage est un contrat ou sacrement que l’on passe l’un avec l’autre, le témoin civil ou religieux n’étant là que pour bénir l’union !

Trois conditions du mariage : s’il n’est pas tacite, on se le rappelle à l’anniversaire et on passe la journée à remettre les choses au point ; si l’on vit en famille, il faut du recul : 10 jours chacun éloigné du foyer par an et 10 jours en couple, seuls, loin des autres pour se retrouver à deux. La vie en chemin, la vie en rose, nous ne sommes pas seuls mais dans un monde de réseau social, nous avons besoin d’érémitisme, temps seul, comme de cénobitisme, communauté !

La dignité humaine veut que l’on se respecte l’un l’autre à tout moment et jusqu’au bout des tribulations de la vie quotidienne. C’est trop facile de repousser la difficulté en fuyant surtout si l’on peut accepter de se battre, ensemble, contre les aléas, non pas séparés, face à face. Le respect doit être présent à tout moment afin de maintenir l’équilibre et ne pas s’effondrer. Les affinités peuvent évoluer mais il ne faut jamais oublier ce qui nous motive tous les jours.

Un sens commun à la vie

Si l’on se lie, c’est que l’on partage un sens commun à la vie, au souffle de vie, mais aussi un ancrage corporel qui fait notre compatibilité. Par contre, on peut imaginer avoir les traits psychologiques plus ou moins alignés. Ce qui fait d’un couple de base un « power couple » c’est cette capacité à prendre conscience de ses différences, les atténuer par volonté d’un alignement parfait qui ne se fera qu’au cours des décennies, pas des jours qui s’égrènent.

Brassens disait que pour connaître une femme, il faut toute une vie, et sa marche nuptiale est un délice. Si un des chantres du mariage, François Potez, vient de nous quitter, rendons- lui hommage d’avoir tout fait pour son fameux : aimez-vous, le reste, on s’en fout ! Je citerai Claire et François d’Assise comme exemple de couple qui a partagé sa vie avec même sens et même dévotion. Finalement, souhait à tous de pouvoir chanter Sardou : les vieux mariés !

©Martin de Waziers

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