Un mot employé, parfois, à tort et à travers et, cependant, une notion fondamentale dans la relation humaine : l’empathie anti-indifférence est capacité à s’identifier à l’autre, à ressentir ce qu’il/elle ressent, à pouvoir, de ce fait, résonner à ce qui est émis. C’est une communauté de sentiments et, à l’opposé de la sympathie où l’on rentre pleinement en symbiose, il est important de garder cette distance qui nous évite d’être submergé par le ressenti de l’autre !
C’est le cœur de la relation de soin, cognitive à la place de l’autre, affective avec limites et surtout pas émotionnelle qui implique trop, mais compatissante à sa manière pour attaquer le problème. Il faut deviner les ressentis, rentrer en harmonie avec l’autre, se connecter au mieux par télépathie, cette capacité que nous avons de communiquer au-delà du physique. Ceci permet une meilleure relation en couple, en famille, avec ses amis ou son thérapeute.
Comprendre la détresse
Chez le nourrisson et jusque vers 18 mois, on a cette aide altruiste par excellence : gentil ! L’empathie a une composante innée mais les facteurs sociaux et culturels auxquels l’enfant est exposé peuvent aisément la modifier, surtout dans un monde antisocial ou narcissique. Que la sphère soit privée, affective ou professionnelle, il faut oser la développer car, s’il ne s’agit nullement d’affectivité en soi, elle dégage la chaleur humaine nécessaire à la relation.
Tout au long de sa vie, si l’on est en empathie avec l’autre, on comprend sa détresse, s’il y a lieu. Cette qualité pousse à l’appréciation de l’autre, à son écoute et à la concentration sur la relation. A l’inverse, le déficit empathique vient de diverses névroses, qu’elle soit narcissique, antisociale, cyclothymique, autistique, etc. On développe alors une immunité aux sentiments de l’autre et l’on peut l’accuser d’être hypersensible, excessif, inadapté ou immature !
Réduire le stress
Pourtant, dans notre monde bouleversé à sa manière, chacun survit au mieux et le besoin d’empathie est conséquent pour réduire le stress, améliorer sa conscience émotionnelle, appréhender ses limites, apprivoiser ses complexités, avoir le bon état d’esprit. Cela nous permet d’identifier les peurs cachées, en utilisant le meilleur antidote qu’est l’amour en la matière : moins de parasites sur les ondes, moins de clash, plus d’échange et d’expression.
Si l’empathie peut se montrer par le dialogue, elle a aussi un impact non négligeable via le toucher du plus discret au câlin, si approprié. Elle se développe aussi par l’énergétique, en sachant rayonner de l’amour inconditionnel et permettre à l’autre de résonner en retour ! Il y a la tête pour comprendre, le cœur pour ressentir et le ventre pour accepter les émotions… Si l’intention est honnête, l’intensité peut s’ajuster et l’empathie être consciente et explicite.
Attention : empathie et affection sont deux registres très différents que l’on peut associer en fonction de la relation avec l’autre. Cependant, la capacité d’aimer reste présente dans les deux cas car il s’agit de cet amour inconditionnel qui guérit la peur et ramène l’harmonie : non qu’il s’agisse de bisounours mais d’une connivence entre humains ! Attention seulement à se connecter avec vigilance, ne pas se laisser déborder par les émotions de l’un ou l’autre.
Rester vigilant
D’ailleurs, il s’agit de ne pas tenir compte de soi mais se mettre pleinement à la disposition de l’autre, savoir l’écouter, être disponible et reconnaître les émotions, répondre à son SOS. C’est une sollicitude sans jugement : poser les bonnes questions et être véritable miroir sans précipitation. On laisse tomber les barrières de perception, on peut se décentrer soi-même, mais il faut rester vigilant pour ne pas se laisser emporter dans l’état d’esprit de l’autre.
La communication passe par les mots choisis, l’intonation adaptée et le body language qui s’ouvre à l’autre. C’est ainsi que l’on peut percevoir les besoins de la pyramide de Maslow : sont-ils au niveau physiologique, sécuritaire, d’appartenance ou d’estime de soi ? Pouvons-nous nous entraider pour atteindre le 5ème niveau, la réalisation de soi ? Pouvons-nous, tel l’Intouchable, espérer que le partage et l’écoute nous fassent tous deux nous développer ?


