Pour ceux qui ont vécu les années 60, on était encore troublé par le bruit du canon de la 2ème guerre mondiale et les souvenirs dramatiques de la 1ère ! Mais, on a été rassuré et rasséréné par les réconciliations des années 50, entre autres la création de la CECA entre France et Allemagne pour mettre en commun nos ressources en charbon et acier. Alors, on est tombé dans l’extrémisme de la guerre du Vietnam d’un côté et des hippies rêveurs de l’autre…
Morale de culture ou morale universelle, d’un côté, on était reparti pour un tour guerrier, mais de l’autre, on espérait tant de l’amour vanté par le besoin de vivre le moment présent et le bonheur facile. L’état providence avait remplacé l’état de guerre, quand même. Cependant, reprenait, même au fond des chaumières, cette tendance à vouloir replonger dans le conflit. Alors était né l’adage bien connu du ‘faites l’amour pas la guerre’ ; écoutez Francis Lalanne.
Serions-nous trop idéalistes?
Histoire, culture et religion ont toujours eu tendance à nous prôner des valeurs de respect et d’équité au sein de la tribu : serions-nous trop idéalistes ? Les étiquettes du foyer, de la cité, de la nation avaient beau pousser à la sérénité, la réalité est que l’Homme est toujours prêt à dégoupiller sa grenade ! La grenade, ce bon fruit qui symbolise la fertilité, l’abondance, la vie éternelle, l’unité, que vient-il faire ici ? On a inventé le projectile de guerre qui lui ressemblait.
Les grands maîtres ont eu beau nous donner de l’amour à toutes les sauces, les grandes civilisations se sont vautrées dans le pouvoir et la domination, un trait caractéristique de tous les ‘va-t’en guerre’ qui circulent dans les couloirs de l’ONU à New-York alors que l’UNESCO à Paris essaie de défendre les droits de l’homme. La valse des opposés au sein même de ces organisations sensés nous rassurer dans la paix désarmante et désarmée d’un certain Léon.
La femme est chef de foyer
Dans les archétypes masculin/féminin, on retrouve l’homme dans la conquête en extérieur et la sécurité de son intérieur, alors que la femme est chef de foyer et maintient la sérénité de la tribu. J’ai bien dit ‘chef de foyer’, mesdames, pas ‘mère au foyer’ et cela peut donner aussi des envies de se prémunir… avec sa propre grenade sous son sein, comme le chante Clara Luciani. La légitimité place la personne, le pouvoir s’acquiert, l’autorité devrait en découler…
Mais, homme ou femme, l’autoritarisme peut se mettre en place et la dérive violente naît de cet extrême, on est reparti pour un tour. Si l’on croit encore à la civilisation de l’amour, il est difficile de la défendre dans le monde actuel, car les grands décideurs ont du mal à prôner la paix, sous prétexte de conflit de territoire par-ci, guerre économique par-là, le tout appelant à la domination sous toutes ses formes, y c. avec l’IA sensée nous sauver alors qu’elle écrase !
Arrivera-t-on à ne pas tout dévoyer comme la grenade et son coloris rouge d’amour comme il peut être rouge de sang : le cœur n’est-il pas l’organe de l’amour autant que celui du conflit quand on pense à l’homme de cœur qui était le seigneur devant ses troupes au Moyen-Âge. N’oublions pas que les religions ont souvent dévoyé le message originel d’amour et divisé le monde, comme les 3 monothéismes. Est-il temps de rétablir un bon dialogue interreligieux ?
Le respect d’autrui pour progresser
Le problème de fond reste l’être humain qui, dans son désir de conquête, se laisse déborder par sa tendance à la domination plutôt que la conciliation, sans compter tous les préjugés ou différences que l’on monte en épingle. Combat d’égos ou d’égaux, c’est un dilemme connu qui pousse à l’opposition et toutes ses déviations. La sécularisation et la désorientation du monde actuel peut avoir tendance à grossir ce trait car manque désormais un référentiel !
Par référentiel, je peux nous ramener aux règles de morale basique qui ont souvent marqué les religions, allant jusqu’à l’absurde en s’introduisant dans toutes les sphères de la vie. Le péché a créé la culpabilité et leurs dérives respectives alors que le péché ne voulait dire que sortie de route appelant au retour sur le tarmac. Si l’on devait réduire à un symbole comme solution, pensons respect sous toutes ses formes et on arrivera, en tous cas, à progresser !
* * Entrepreneur, expert en relation humaine à Bruxelles, Gruyères et Paris.



