Les embargos, comme les dernières volontés, sont faits pour être respectés. Sauf pour “Le Matin”


Parmi les dernières volontés de François Silvant, décédé le jeudi 14 juin, figurait la demande que les médias ne publient pas la nouvelle de sa disparition avant que les proches aient pu prendre congé dans l’intimité.

Le Matin Orange n’a pas cru bon de respecter l’embargo sur l’information et l’a mise en ligne avant tout le monde. La section vaudoise d’impressum a vivement réagi et envisage de saisir le Conseil de la presse.

Extraits de son communiqué de presse daté du 20 juin… que l’ATS n’a pas cru bon de distribuer. Solidarité confraternelle sans doute.

Info en danger

Extrait du communiqué de presse d’impressum Vaud

(…)

Les faits

François Silvant a rendu son dernier souffle le 14 juin dernier, et parmi ses dernières volontés il y avait celle de permettre à ses proches de lui rendre un dernier hommage en toute intimité. Grégoire Furrer, son manager et homme de confiance s’est chargé de communiquer l’information aux médias.

La cérémonie devait avoir lieu le lundi après-midi, dans la plus stricte intimité. Connaissant les délais de bouclage des uns et des autres et désireux de faciliter le travail des rédactions, Grégoire Furrer leur a envoyé un communiqué de presse le matin, avec embargo à 18 heures. Ce délai devait permettre aux proches et à la famille de l’artiste de vivre l’émotion de ce triste moment avant que les médias ne commencent à rendre compte de l’évènement. Tous l’on compris et respecté, à l’exception du «Matin».

A peine le communiqué diffusé, celui-ci se retrouvait en effet en ligne sur le site Internet du «Matin». «Je venais de m’en apercevoir, a relaté Grégoire Furrer à impressum Vaud, quand j’ai reçu l’appel d’un journaliste du «Matin» qui voulait recueillir mon témoignage sur la mort de François. J’ai demandé que le quotidien commence par respecter l’embargo. On m’a dit que c’était fait, je l’ai vérifié, et ensuite j’ai parlé au journaliste. Quand l’entretien a été terminé, j’ai appris que la nouvelle était à nouveau en ligne. J’ai alors appelé Peter Rothenbühler pour lui exprimer mon dépit, lui ai demandé de retirer la dépêche, de respecter la volonté des proches de François… Il m’a répondu que c’était trop tard, qu’il ne pouvait plus revenir en arrière. Que toute la presse suisse romande s’était déjà emparée de l’information et qu’il se devait de respecter son devoir d’information.»

La réaction de la famille

«Ce qu’a fait «Le Matin» est atroce…» Philippe, l’ami de François Silvant, est encore sous le choc, impressum Vaud a recueilli son témoignage. «Le vœux de François était que les obsèques aient lieu dans la plus stricte intimité. Ma famille et moi avons ainsi dû mentir à nos proches pour respecter ses dernières volontés. Même sa vieille tante n’était pas au courant – je ne devais la prévenir qu’une fois la cérémonie terminée – et elle a appris la nouvelle par les médias, en a subi un choc. D’autres proches aussi. C’est inhumain… François, lui, a toujours respecté les médias.»

Manque de respect pour la vie privée

En ne respectant pas cet embargo basé sur des motifs légitimes ayant trait aux volontés de la personne décédée, «Le Matin» a, à notre avis, contrevenu à l’article 4 de la «Déclaration des devoirs et des droits du/de la journaliste», et plus précisément à l’article 4.4 des directives, lequel concerne les embargos. D’autre part, cette attitude entache la réputation des journalistes et leur crédit auprès des sources d’information. L’attitude de Peter Rothenbühler nous semble aussi dénoter d’une forme de mépris pour la confraternité qui devrait être de mise entre les rédactions. impressum Vaud s’inquiète de ce qu’il considère comme un manque d’éthique.

Fin du communiqué

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