Tartufferie


Drôle de « sommet » où deux pays, la France et l’Allemagne, ont l’air de décider pour tout le monde. Bien sûr la Belgique, siège de l’Union, n’a plus de gouvernement, l’Espagne et le Portugal tendent la sébile et l’Italie dérive au large de Lampedusa. Quant à la Grande-Bretagne, elle a décliné toute participation au festin des dupes, se félicitant  chaque jour de ne pas avoir adopté la monnaie unique.

La France et l’Allemagne méritent-elles pour autant de s’arroger le rôle d’arbitres de la zone euro alors que leur taux de chômage est l’un des plus élevés du continent ? Que cachent réellement les poignées de mains échangées entre M. Sarkozy et Mme Merkel ? De fait, on ne connaît pas grand chose des tenants et aboutissants du tête-à-tête qui a précédé la réunion de Bruxelles, si ce n’est que les banquiers ont obtenu de n’être pas taxés pour financer un futur plan d’aide au système financier en cas de krach. Message bien reçu, comme l’atteste la progression des titres bancaires sur les marchés boursiers.

Au-delà, le résultat apparaît bien maigre en termes de tentative de resoudage de la cohésion européenne car si le pacte franco-allemand sauve momentanément l’euro, il ne permettra pas à la Grèce d’éviter la banqueroute. Les sorties massives de capitaux y attestent déjà de l’état d’esprit des élites. Le pays ressemble de plus en plus à un port à l’abandon où n’accostent que les aventuriers de la flibuste arborant tantôt un pavillon bleu,  blanc, rouge, tantôt noir, rouge, or. Les couleurs des plus gros vendeurs d’armements du continent.

Chantage et tartufferie président-ils aux relations qu’entretiennent le nord et le sud de l’Europe ? En mai dernier, le député européen Daniel Cohn Bendit lançait un pavé dans la mare en émettant le soupçon que le soutien de la France à la Grèce pouvait être conditionné aux contrats d’armes. En juin, un hebdomadaire français en rajoutait une couche dans un dossier fort bien documenté. Il montrait comment la Grèce, obsédée par l’imposant budget militaire du voisin turc, est devenue le quatrième importateur d’armes au monde. Terrain miné qui permet aux chars allemands et aux avions de combat français de jouer sur du velours.

Commentaire paru dans “La Liberté” du 22 juillet 2011

 

 

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