Lettre de Lima – Qu’est-ce qu’il dirait, Atahualpa, l’empereur inca garrotté?


Or donc l’actualité.

PAR PIERRE ROTTET

Avec la mise en scène du cirque politique entre quelques pays occidentaux et la Russie, orchestrée par l’Angleterre – tu remarques que je n’écris pas «Royaume-uni» – les Etats-Unis, et les caniches habituels. Dont la France de Macron.

Attends! L’objet n’est point ici d’afficher des sympathies avec Poutine. Laissons-les à Depardieu et à ses électeurs. Reste que la tentative d’assassinat de l’ex-espion et de sa fille, citoyens russes, sur terre anglaise, tombe on ne peut mieux. Une affaire sordide… qui pue à plein nez l’exploitation politique.

On expulse des diplomates – des espions, dit-on, on fournit des charrettes de Russes à l’opinion publique. Ces grands coups de griffe ressemblent fort à des coups de vent, des pipis de souri dans une mer agitée. Ils n’impressionnent personne depuis longtemps. La presse ou une certaine presse, à la rigueur. Il n’y a pas pire posture que celle des dupes qui consentent à l’être.

May bombe le torse et Macron, servi sur un plateau par les événements intérieurs, tel Monsieur Musclor montre ses dents. Comme Trump montre sa chevelure. Et surtout ses limites. Mais ça, on le savait déjà. Reste qu’il est de moins en moins armé, si je puis dire, après la monstre manif des jeunes samedi dernier.

L’irresponsabilité alimente le climat de violence qui monte partout. Irresponsabilité de la justice espagnole, avec la criminalisation des indépendantistes catalans. Alors je pose la question pour terminer ce bout de chemin d’actu. Pendant combien de temps les Espagnols demeureront-ils encore muets face à l’indicible honte que provoque cette apparence de justice aux ordres du gouvernement Rajoy? Et dire que ce gouvernement se maintient encore en place grâce aux nationalistes basques!

On peut être Espagnol. Ou Basque. Et fier d’être l’un ou l’autre. Et même, oui même, être farouchement opposé à l’indépendance de la Catalogne. Oui, on peut. Faire valoir ses idées est le droit le plus strict du citoyen. Mais cela ne devrait pas l’empêcher d’ouvrir les yeux.

En Espagne, on ne va pas en prison parce qu’on est condamné. Non. On y va parce qu’un juge,  laquais du pouvoir politique, décide d’y envoyer des adversaires politiques. Marrant comme on n’entend ni Macron ni May, encore moins l’UE, parler d’Etat de droit en Espagne…

Il me souvient de cette date du 2 mars 1974 où, il n’y a pas si longtemps, dans la prison de Modelo, à Madrid, un jeune militant anarchiste catalan de 26 ans mourait de la façon la plus épouvantable que l’on puisse imaginer: la strangulation par garrottage. Quelques siècles  auparavant, à Cajamarca, au Pérou, mourait de la même manière, par le garrot, le dernier empereur de l’empire inca indépendant, Atahualpa. Aujourd’hui l’Espagne ne garrotte plus. Mais elle réduit au silence les leaders indépendantistes Catalans en les enfermant. Ils risquent jusqu’à 30 ans de prison. Dix de plus que pour un crime.

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