Tribune libre – Ignorer, garder le silence, ne pas répondre…


Ignorer, garder le silence, ne pas répondre… Tant de méthodes insidieuses pour faire mal, pour briser le moral des personnes qui se battent pour le bien de la société, de notre monde. Quand de telles réactions viennent de nos autorités, de nos organisations humanitaires, tout espoir est perdu. Tout devient irréel, un mirage.

Lundi dernier, le 12 août 1948, c’était l’anniversaire des Conventions de Genève. Celles-ci ont pour but de protéger les droits fondamentaux des populations civiles, des prisonniers, des blessés, afin qu’ils soient traités dignement pendant les conflits armés. Pourtant, même en temps de paix, nos droits fondamentaux, c.a.d nos droits à la dignité, ne sont pas respectés.  Et quand ceux-ci sont violés, les acteurs ne sont aucunement sanctionnés. Comment les organisations humanitaires gardent-elles le silence?  Cela me dépasse!

De nos jours, les conflits ont changé de forme. Dans ces temps modernes, un des conflits est entre les citoyens et les puissantes multinationales qui font nos lois, qui imposent leurs valeurs et qui nous gouvernent. Avec un simple coup de gueule, elles peuvent éjecter les employés du monde professionnel, les torturer psychiquement et écraser ceux qui lèvent la tête pour protester contre les pratiques immorales.  

Le regard de toutes les organisations est vers l’extérieur, les pays tiers. On ferme les yeux sur ce qui se passe ici, en Suisse, le pays qui abrite plusieurs multinationales, alors que toutes les operations de ces multinationales à l’étranger sont orchestrées d’ici.

Le droit à la dignité, un droit qui nous est octroyé par la Constitution n’est simplement pas respecté, pire, il est ignoré. Pour preuve, un jour, suite à des nombreuses lettres aux politiciens, j’ai enfin réussi à rencontrer un représentant de nos autorités. Nous avons longuement parlé du harcèlement et de mobbing au travail, de la souffrance des victimes. 

C’est alors que mon interlocuteur m’a informée d’un groupe de travail qui est en train de faire des calculs financiers et examiner les coûts des souffrances psychiques, causées par le harcèlement, pour les assurances sociales, et au cas échéant motiver des mesures de protection des employés. « Si les employeurs étaient menés à payer pour les dégâts, ils réfléchiraient deux fois avant de procéder à la maltraitance au travail« . Dit-il.

Dans ce contexte, une question s’impose: où est donc notre humanité ? Où est le droit à la dignité? Pourquoi, devrons-nous toujours agir par intérêts financiers et rentabilité ?

Yasmine Motarjemi, Nyon

Illustration: Stephff

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