Après la frégate La Méduse, et son fameux radeau, échouée aux larges de la Mauritanie (infoméduse du 15 mai), autre découverte : les vestiges du fort du film Fort Saganne, tourné en 1984, construit pierre par pierre dans le désert mauritanien, et laissé depuis à l’abandon.

Photo IH
PAR IAN HAMEL, de retour de Mauritanie
Il faut compter un jour de piste depuis le port de Nouadhibou pour atteindre la petite bourgade d’Atar, capitale de l’Adrar. Ensuite, en direction de Chinguetti, lorsque vous franchissez la passe d’Amogjar, vous apercevez au milieu d’un désert caillouteux, les ruines d’un fortin. C’est là qu’a été tourné le film d’Alain Corneau, Fort Saganne, en 1984. Avec pour vedettes Gérard Depardieu, Catherine Deneuve, Philippe Noiret et Sophie Marceau. Inspiré du roman de Louis Gardel, le film aurait dû être tourné initialement en Algérie. C’est l’histoire d’un jeune officier français d’origine paysanne (Gérard Depardieu) qui défait des tribus révoltées, à l’époque de la Première Guerre mondiale.
Bien évidemment, le régime algérien n’est guère favorable à ce que l’on raconte une victoire tricolore sur son territoire. Le tournage va donc se faire, toujours au Sahara, mais en Mauritanie. Des méharistes de l’armée mauritanienne acceptent même de jouer les figurants. Le problème, c’est qu’il a fallu construire un vrai fort, pierre par pierre. Ce qui va demander six mois de labeur. Fort Saganne va devenir le film le plus cher du cinéma français. Imaginez des stars au milieu du désert, avec le soleil, la chaleur. Il a fallu installer des douches et transporter en douce des litres de vin pour Gérard Depardieu (César du meilleur acteur pour ce film), la République islamique interdisant l’alcool sur son territoire. Sans oublier les pauvres chevaux, peu habitués aux températures du désert.
Des peintures rupestres
Le décor a-t-il été détruit juste après le film ? Où l’a-t-on laissé se dégrader. Il ne reste plus que des ruines que les rares visiteurs doivent admirer de loin. Le tourisme mauritanien aurait pu réhabiliter le site, montrer des images du tournage, passer des extraits du film, d’autant que les populations locales ont été recrutées pour la figuration. C’est d’autant plus dommage que l’on découvre, à peine à quelques dizaines de mètres du fort, des peintures rupestres. Sans que personne ne soit là pour indiquer de quand elles datent ni quels étaient les populations qui vivaient à une époque où le Sahara était verdoyant.

