Force de Vie (33) – Le temps qui passe

Le temps ne respecte pas ce que l’on fait sans lui, disait Sénèque, ce grand stoïcien. On fête les décennies, les demi-siècles, les centenaires ; on s’émerveille devant ce passage du temps et on en profite pour marquer cette pause salutaire ! Que c’est beau le temps surtout lorsque l’on se réveille aux premiers jours du printemps, primus tempus, la bonne saison ! Pour n’en citer qu’un, Yves Montand (mon temps, haha), l’a fort bien chanté dans le temps des cerises.

Pour tout un chacun, ce temps commence à la procréation et les 9 mois de gestation, bercés en douceur par un foyer chaleureux, avant que n’arrive le trauma de la naissance malgré les égards pris alors ! Puis vient la renaissance, qui conduit à la séparation de la mère, sevrage oblige et ouverture au monde que l’on va découvrir. On peut alors parler de reconnaissance, la découverte physique, psychologique et spirituelle de soi-même, le souffle/sens de la vie !

Des cycles de 7 ans

Des cycles de 7 ans où nos cellules se régénèrent 100%, marqués par des rites de passage oubliés avec le temps : éducation jusque l’âge de raison, instruction jusqu’à l’adolescence et élévation jusqu’à la majorité (l’ancienne) ! Alors un 4ème cycle qui nous amène à l’adulte qui, comme l’adolescent, vient d’adolesco, croître et ses participes présent et passé. A 28 ans, j’ai crû et je peux me projeter sur une nouvelle phase de ma vie, celle du parent ou référent.

40 ans de dur labeur, tant professionnel que personnel ou même affectif car on y apprend à faire pour avoir et, enfin, être, si l’on n’a pas choisi de travailler plus pour gagner plus et se vautrer dans le paraître des réseaux sociaux ! Temps achevé par ce doux passage aux activités libres, que l’on appelle vulgairement, la retraite, quelle erreur ! C’est un temps sacré où nous pouvons pleinement profiter de la sagesse et surtout transmettre à sa descendance.

Nul ne connaît ni le jour ni l’heure

Nous voilà centenaires et plus… mais il faut veiller, car nul ne connaît ni le jour ni l’heure ! Dieu a créé le temps, l’homme a créé la montre, disent les africains, notion du chronos ! Il nous faut aussi compter sur le kairos, ce temps juste, un temps pour tout qu’il faut honorer sans précipitation. Car, au-delà, nous vivrons l’aïon, ce temps universel que représente la lemniscate, ce 8 allongé symbole d’éternité mais aussi de bonheur chez les orientaux…

Le temps, dit-on, s’accélère avec les années… bien sûr : on se rapproche de la porte et notre radar ultrasensible nous en renvoie le signal de plus en plus rapidement. Pourquoi parle-t-on de deadline : c’était, chez les prisonniers anglo-saxons, cette ligne qu’il ne fallait surtout pas passer au risque de mourir ! C’est devenu, face aux impedimenta de la vie, un symbole de stress, parmi tant d’autres, lorsqu’il faut absolument atteindre un but/objectif !

Comment ne pas s’énerver avec notre impatience légendaire ? Nous souffrons de toute cette accélération du temps et l’hypermodernité nous a appris qu’on y perd… ses cheveux, grand trauma des hommes car symbole de la force de Samson. Tentons la patience en appliquant 5 piliers : ne pas juger car cela augmente le stress, ne pas rentrer en conflit, reconnaître ce que nous apporte la situation de positif, ralentir sa cadence, et, fondamental, surtout respirer.

Sésame à l’amour de soi

Mais on a toujours cette tendance à vouloir optimiser, chercher le meilleur dans tout ce qui nous arrive, au risque d’en faire trop. Prenez l’anagramme des 3 R : Relativiser, prendre du Recul et Respirer ! Alors, vous pouvez profiter du moment présent, vous émerveiller devant ce lever du soleil sur fond de champ de lavandes. Il y a aussi la possibilité d’un sabbatique de plus en plus prisé par ceux qui veulent éviter le burnout et s’inspirer de vie merveilleuse.

S’arrêter un moment, regarder son alentour, ressentir en donnant libre cours aux cinq sens, admirer et aller jusqu’à l’émerveillement, se retourner et embrasser la vie et ses proches, avec tout l’amour du monde : tel peut-être un sésame à l’amour de soi si important. Oui, on se doit d’être réaliste, de courir par moments mais de marcher aussi, d’accepter la valse à mille temps, comme le chantait si bien Jacques Brel, mais de se poser aussi… sous le vent !

©Martin de Waziers

Le temps favorise l’émerveillement. ©L’Occitane en Provence

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