Si la sociologie date de la fin 18ème s., c’est Auguste Comte qui va la populariser début 19ème s. Influencé par le saint-simonisme qui prône l’amour universel et l’émancipation des femmes (la femme est l’avenir de l’homme), il fait passer l’humanité de l’état théologique (explication par les dieux), à l’état métaphysique (explication par des entités abstraites) puis l’état positif ou scientifique fondé sur l’observation, autour de 3 valeurs que sont amour, ordre et progrès.
Il est à la croisée des chemins que nous ont laissé les grands maîtres qui ont jalonné cette terre tous les 600 ans, avant d’être bousculés par le révolution française et l’industrialisation. Si le monde était alors désorienté, il s’est cherché avec pléthore de mouvements cherchant à donner du sens à notre humanité sur les 2 derniers siècles. Or, en en ce début 21ème s., c’est le flou le plus complet et on se demande vraiment où ce grand cirque risque de nous mener !
Trois périodes de 75 ans
Trois périodes de 75 ans se sont succédées jusqu’ici : l’instabilité institutionnelle et ses nombreux régimes politiques (1795-1870), la période des 3 guerres autour du match France-Allemagne (1870-1945), la paix instaurée avec la CECA, l’UE, etc. (1945-2020) ! Est-ce la COVID qui va marquer une nouvelle bascule ? Le bal des illusions a-t-il sonné le glas ? Les groupements ou institutions du monde sont toutes en crise d’une forme ou d’une autre, alors où va-t-on ?
Issu d’un récit biblique de la Genèse, le combat de Jacob et de l’Ange semble représenter la période actuelle. Allégorie du désalignement de l’humain et du divin, ce combat représente la prière persévérante et l’épreuve intérieure de l’homme face à son avenir. Blessé à la hanche, Jacob va boîter pour marquer la fin de son orgueil et de son autosuffisance afin de pouvoir accéder à sa réconciliation avec l’humain, son frère Esaüe, mais aussi le divin, son soutien !
Erasme, prince des humanistes
Le balancier doit retrouver son équilibre car l’homme semble avoir été trop loin dans l’excès. Tel Auguste Comte qui s’enfonce dans un rationalisme digne de Descartes et se voit accusé de matérialisme et d’athéisme avec sa philosophie positive, industrialisation et méritocratie guident la développement économique au détriment de l’alignement vertical de l’homme. La dualité est partout et la valse des opposés résulte de son combat entre ombre et lumière !
L’humanisme place l’être humain et son épanouissement au-dessus de toutes les autres valeurs. S’il a précédé la philosophie positive de 3 siècles, il a aussi cette vision progressiste qui privilégie la raison, la science et les droits de l’homme au-dessus de tout. Cependant, Erasme, le prince des humanistes, réaffirme gentiment la philosophie du Christ en prônant une religion intérieure, simple et fondée sur l’Evangile, retour au juste milieu de Marc-Aurèle.
Pas facile la vie, tous ces équilibres à trouver ou choisir le côté feutré de la zone de confort, tel est le dilemme de l’homme moderne ! L’assistanat actuel sous toutes ses formes tend à nous étouffer, le smartphone nous rend esclave des réseaux, des influenceurs et du paraître. Think out of the box, dit l’américain réputé conformiste : sors de ta boîte ou meurs d’ennui ? Où trouver le temps de sortir de sa routine quotidienne à la course… qui semble si vaine…
L’ère du Verseau annoncée en 1968
Rien n’est réellement confortable car l’homme est sous pression alors qu’il prend sa caisse (sa voiture) pour aller dans sa boîte (son entreprise), un vocabulaire bien métaphorique, ou un appel à en sortir ? Si l’amour est l’énergie des grands maîtres, le rétablir entre humains serait un pas en avant qui permettrait, peut-être, de retrouver chacun sa paix intérieure et nous mènerait à la joie du quotidien. Amour, ordre et progrès ? Mieux : paix, amour et joie !
Amusant de savoir que c’était ce que 1968 mettait en avant lorsque les hippies chantaient the Age of Aquarius annonçant le début de l’ère du Verseau, un temps de paix, d’harmonie, de compréhension et de libération de l’esprit. Associée à cette 1ère mélodie, on trouve le Let the Sunshine In, qui invite à laisser entrer le soleil et à ouvrir son cœur face à la solitude ou aux difficultés. Était-ce un coup d’épée dans l’eau ou un début de transformation latente ?
* L’auteur est entrepreneur, expert en relation humaine à Bruxelles, Gruyères et Paris



