Le Forum économique ambitionne-t-il d’être Hollywood, le Midem de Cannes, ou mieux encore les deux à la fois?
PAR CHRISTIAN CAMPICHE
Angelina Jolie, Richard Gere, Bono, Sharon Stone, Peter Gabriel et j’en passe: la liste des invités appartenant au monde du spectacle impressionne. Mais que devient l’économie dans tout ça?
Finalement Klaus Schwab a peut-être raison: l’avenir du monde est un sujet trop sérieux pour être confié à des économistes. Ceux-ci ne savent parler que derrière des tableaux et des numéros, mais que disent les chiffres? Peuvent-ils résoudre ces grands problèmes de la planète que sont le sida et le réchauffement planétaire?
Tout aussi impuissant semble être le monde politique, prisonnier de ses schémas partisans. D’un groupe d’intérêt à l’autre, il bascule sans parvenir à imposer de véritables bornes aux courbes d’une croissance anarchique dévoreuse de biosphère.
Bref, rien ne vaut les stars qui ont le pouvoir de s’adresser aux gens. Comme autrefois Bardot, pionnière avec les bébés phoques, les vedettes d’aujourd’hui n’hésitent plus à intervenir sur le terrain autrefois réservé aux hommes d’Etat. Bon public, l’habitant de la terre les écoute les bras croisés en attendant le prochain film.
«Devant son poste de télévision, elle vit sa vie par procuration.» En récupérant Goldman, le professeur Schwab fait honneur à sa réputation d’as du marketing. A la fin du forum, la baguette magique de ses vendeurs de paillettes aura effacé comme par enchantement la misère du monde. Et l’on pourra repartir à zéro pour un nouveau Davos.
Commentaire paru dans « La Liberté » du 29 janvier 2005