Le Kintsugi, méthode japonaise ancestrale est l’art de réparer porcelaine ou céramique avec des jointures (tsugi) en or (kin). On recolle les morceaux tout en laissant apparaître les lignes dorées qui relient chaque partie ébréchée ! En Europe, on jette, malgré toutes les injonctions que l’on retrouve dans les 4R de l’économie circulaire, que l’on cite parfois comme durable : Réduire la consommation, Recycler tout ce que l’on peut, Réutiliser et, bien sûr, Réparer !
Le Great Reset post-COVID n’est qu’un exemple de l’utilisation du préfixe ‘re’ qui marque l’inversion, le retour au point de départ, sans apprendre de nos erreurs ni recoller dignement les morceaux. Plutôt que de réduire la consommation, recycler, réutiliser ou réparer, on est reparti de plus belle dans le « we’ll do what it takes » des Draghi, Macron et Schwab de ce monde, ces titans qui ont créé l’énorme débasement monétaire…
Des miettes pour les petits chiens
…où l’on fait grimper le prix de l’immobilier ou des valeurs mobilières à des sommets qui ne sont qu’artificiels donc enrichit le haut du pavé ; mais on appauvrit le bas de la chaussée, par une inflation bien cachée derrière le paraître et l’importance de désirs au-delà des besoins ! Tout cela ne fait que s’ajouter à cette tentation d’assistanat qui se veut compassion mais est, en réalité, dénigrement de la base, miettes pour les petits chiens, juste assez et point trop !
Et, pour assurer les marges sur produits innovants, on intègre l’obsolescence programmée de la gamme en présentant la nouvelle ligne pour coïncider, du fast fashion qui permet de suivre la mode à bas prix mais surtout de jeter aussi vite que la nouvelle mode, en boucle… En effet, nous voyons les « pattes d’eph » qui datent de la US Navy du début XIXe s. et sont revenues tous les 50-70ans depuis, cycles économiques qu’avaient si bien théorisés Kondratieff.
Pourquoi vouloir absolument réinventer l’histoire?
Un domaine où le kintsugi s’applique est le respect des anciennes façades élégantes ou des structures impressionnantes d’institutions naguère en centre-ville, mais qui ont déménagé en périphérie. Deux exemples sont l’ICAB Incubator à Bruxelles et le Grand Palais de Charleroi mais on pourrait en citer bien d’autres ; dans le premier cas, l’ancien Mess des officiers est devenu un restaurant renommé auprès des investisseurs des start-up démarrées à côté !
Et pourquoi vouloir absolument réinventer l’histoire, miner la culture ou détruire la religion, sous prétexte qu’ils sont surannés : nous avons tant à apprendre du passé, sans s’y vautrer pour autant sous prétexte de tradition ancrée. Ce sont des fondations solides et parfois des pierres d’angle qui sont l’assurance d’un avenir qui se souvient, tout en créant et innovant. Les philosophies de référence n’ont-elles pas résisté et démontré leur incidence moderne ?
Si l’on sait que le capitalisme est débridé et qu’il ne possède plus la fibre humaniste de ses débuts, l’avènement de la technologie à tout va nous fait perdre le sens social de solidarité, l’engagement environnemental et la conscience du climat. Qu’a-t-on fait avec la nature qui voit son matériel génétique (ADN) modifié par intervention humaine ? Que sont ces OGM qui jouent avec notre santé au gré des NGT (New Genomic Techniques) semées à tout vent ?
La sobriété heureuse a du bon
Contrairement aux akènes des pissenlits que l’enfant souffle sans savoir qu’il aide la nature à propager ce qui composera les premières salades du printemps, les nouvelles graines ont une influence qui contredit les bonnes volontés du bio. Sèment-elles la mort pour autant au profit des titans de l’agroalimentaire ? L’avenir le dira mais pourra-t-on réparer le monde d’alors ou parlera-t-on du darwinisme nécessaire à l’évolution naturelle de l’être humain ?
Réparer, conserver, ne pas jeter à outrance ou le bébé avec l’eau du bain. Le passé a du bon, la sobriété heureuse aussi. Heal the world, nous chantait Michael Jackson, pour n’en citer qu’un parmi tous ceux qui ont appelé à réparer. On peut aussi mentionner St François d’Assise dont le huicentenaire de sa mort le 4 octobre 2026 deviendra jour férié en Italie car « icône de l’homme moderne » et patron de la paix, l’écologie, la sobriété et le patrimoine !


