Il y en a qui tendent la main pour un morceau du pain. Il y en a qui tendent la main pour une patrie. Les Ouïgours, les Kurdes, sans oublier les Palestiniens chassés de leur terre et dispersés.
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A mes yeux, il y a deux sortes de politiciens à la retraite: celui qui va la tête haute et celui qui va la tête basse.
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Mon ami, sache qu’il y a la chance de la vie ; mon ami, sache qu’il y a une autre chance, après la mort, lorsqu’on évoquera ton souvenir en souriant: « c’était un homme bon! »
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Pour ceux qui ne parlent pas leur langue maternelle, la perdre équivaut à abaisser le drapeau.
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Quelle différence entre l’hospitalité des banques suisses et celle du paysan kirghize qui égorge son unique mouton pour recevoir son hôte.
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La vie nomade c’est toute une histoire. On avance, on avance, tout se fait en avançant; on mange, on discute, on chante, on compose des vers, on fait connaissance, on flirte, on accouche, on meurt, c’est une vie entière en mouvement portée par les chameaux, chargés des yourtes, par les yaks, par les boeufs, et il va sans dire par les chevaux encore des chevaux, toujours des chevaux.
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Les bêtes donnent aussi leur viande, la nourriture principale, à laquelle on ajoute des herbes de la montagne que l’on pile et que l’on mélange. Ce repas toujours à portée de main et glissé dans un sac fait de peau; l’on grignote ainsi tout au long du voyage… Pas de boussole, mais les étoiles suffisent pour se guider.
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Cette chronique contient des nouvelles, aphorismes, histoires vraies et autres récits écrits entre l’âge de 15 et 35 ans sous la forme d’un journal par le journaliste et écrivain genevois d’origine kirghize, Zhenishbek Edigeev. Un premier tome des “Cahiers bleus” a été publié en 2022. Un deuxième est prévu en 2024.


